Cuisine et Dépendances

by - mai 13, 2018



Agnes Jaoui et Jean-Pierre Bacri c'est un duo qui marche, aussi bien dans le théâtre, qu'au cinéma et jusqu'à il y a encore quelques années, c'était aussi le cas dans la vie de tous les jours. Toutefois, leur séparation n'est pas un frein à leur collaboration, puisqu'il y a moins de mois sortait « Place Publique », le dernier film réalisé par Agnes Jaoui et coécrit avec Jean-Pierre Bacri. Mais c'est avec l'adaptation de leurs pièces de théâtre qu'ils se sont fait vraiment connaître, en 96 avec « Un Air de Famille » et avant avec « Cuisine et Dépendances », où comment un couple de bourgeois fait tout pour avoir les faveurs d'un vieil ami, devenue depuis une célébrité.

« Jacques et Martine s'apprêtent à recevoir une ribambelle d'amis à dîner. Tous ne se sont pas revus depuis dix ans et entre temps, certains ont réussi quand d'autres ont eu moins de succès. L'invité d'honneur est l'ex de Martine, devenu un écrivain très prisé des médias, accompagné de son épouse, une talentueuse journaliste  »

« Cuisine et Dependances » est un petit film vraiment sympathique qui bénéficie de l'écriture et des dialogues du duo Jaoui/Bacri, ainsi que de l’énergie propre a une pièce de théâtre. Si voir les comédiens jouaient comme si ils étaient sur scène ne me dérange pas, Philippe Muyl lui n'arrive pas à nous faire vivre cette histoire hors de la scène d'un théâtre, car tout malheureusement se cantonne à la surface de la cuisine et d'un petit bout de terrasse. Dans un sens c'est logique, vu le titre, mais d'un autre coté, cela donne quelque chose de figé, de peu dynamique et ne parlons même pas quand la caméra s'aventure dans les couloirs, tant le réalisateur ne semble pas savoir quoi en faire.

Ça c'était pour le coté « Cuisine », passons à la face « Dépendances » du récit, qui met devant leurs contradictions les trois personnages présentés comme financièrement aisés. Parce que ne nous leurrons pas, ceci est un film de « gauche » et les auteurs se payent, une certaine idée de la bourgeoisie française. Par exemple Martine (Zabou) et Jacques (Sam Karmann) voient leurs principes moraux se brisés, quand ce vieil ami , désormais riche et célèbre, ressurgit dans leurs vies.

Les personnages de Frédéric (Jean-Pierre Darroussin) et de Georges (Jean-Pierre Bacri), que le couple aide et héberge sont ensuite traités comme des nuisibles et des moins que rien, parce qu'ils vont les empêcher de renouer avec ce vieil ami. Parce que dépendant de l'image qu'ils renvoient, ils ne peuvent y avoir qu'eux qui soient légitimes auprès des yeux de ce « vieil ami » . Pour finir avec le personnage de Charlotte (Agnes Jaoui), la compagne de ce « vieil ami », qui se rend compte de qui il est et de ce qu'elle à fait, a savoir que l'argent ne fait pas le bonheur, ni la personne que l'on est.

Le casting quant à lui le même que la pièce de théâtre ! Et c'est certainement la plus grande force de ce film, car la complicité est instantanée à l'écran entre les personnages, tout comme la confiance qui les animent. Zabou dans le rôle de Martine, est vraiment très drôle, à mi chemin entre l'outrance et la politesse; presque comme son partenaire qui interprète Jacques, Sam Karmann alterne entre la bonhomie la plus simple et le cynisme à l'état brut. Ensuite il y a les deux Jean-Pierre ! Darroussin est à son aise en frère accroc aux jeux, puis Bacri livre l'une de ces premières fois, dans le rôle du vieux râleur et c'est jubilatoire. Puis pour finir, Agnes Jaoui, simple et sophistiquée à la fois, elle excelle quand il faut tenir tête au vieux râleur qu'est Bacri.

Cuisine et Dépendances – 7 Avril 1993 – Réalisé par Philippe Muyl

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