LES DISPARUS DE SAINT-AGIL de Christian-Jaque Ce film pour moi est d'abord un livre ou une petite fille de neuf ans que l'on ...

Les Disparus de Saint-Agil

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LES DISPARUS DE SAINT-AGIL
de Christian-Jaque


Ce film pour moi est d'abord un livre ou une petite fille de neuf ans que l'on avait forcé à déménager sans dire au revoir à ses amis avait trouvé refuge pendant un été. Un folio jeunesse gris ou le sable s'était immiscé dans la tranche et qui avait doublé de volume. Un livre qui avait pris un bain d'eau de mer, lors de mes premières virées à la plage avec ma voisine (Olivia si tu me lis sache que je ne te remercierai jamais assez d'avoir été une merveilleuse amie).

Pour moi c'est un des plus beaux livres que j'ai lu étant petite. l'histoire est toujours restée ancrée (encrée aussi) dans mes souvenirs J'avais eu l'occasion de voir ce film il y a quelques années, je l'avais aimé mais la qualité m'avait gênée. J'en avais souvent parlé à fred, et c'est au détour d'une promo de la fnac que j'ai trouvé sa version restaurée.

Avant tout ce film a été produit en 1938 , dire qu'une restauration était nécessaire est un euphémisme. Mais le travail fait est quelque chose d'assez merveilleuse. Elle rend à ce film une fluidité et elle est d'un confort de visionnage incroyable. Cette technologie est mise au service de l'histoire des chiches capons. Confrérie secrète au sein de l'internat de st agil, créée par trois pensionnaires Beaume (Serge Grave), Sorgue (Jean Claudio) et Macroy (Marcel Mouloudji). Entre les deux guerres mondiales ils rêvent de partir en Amérique et c'est au cour des séances que les Chiche capon planifient leurs départs et comment ils le feront. Après ces séances le jeune Sorgue reste pour écrire son roman. Un soir il voit un homme apparaître et disparaître dans la salle ou il écrit. Après en avoir parlé avec des camarades, des professeurs, et le directeur il disparaît.
Ce film est avant tout un très beau film aux accents autobiographiques car l'auteur a étudié dans cet internat près de Meaux. Le film arrive aussi à conserver le ton et la vision fraîche de ses adolescents. Ils n'ont pas peur du professeur étranger, contrairement aux collègues de celui ci. Ils ont une ouverture d'esprit, des rêves, des ambitions et des projets tout ce qui manque aux adultes. 80 ans ce sont écoulés depuis que ce film a été produit, son propos sur la résignation, la rancœur, les grosses entreprises qui croquent les petites restent d'actualité. La seule chose qui change, c'est la bienveillance. Il n'y a pas de sur enchère dans l'horreur pour créer un suspense qui existe parce que ce film est juste très bien écrit. Les méchants ont un code d'honneur, il y a celui qui partira quand il y aura un meurtre car ça ce n'est pas pour lui,ou celui qui ne fera pas de mal à un enfant, ou l'autre qui servira un café au lait. La force de ces enfants, l'éthique de ces méchants font du bien à notre vision d'adulte.

Le noir et blanc restauré est un plus. il renforce cet aspect nostalgique, et nous permet d’être complémentent embarqué dans ce pensionnat. Les contrastes doux et lumineux nappent cette histoire d'une candeur propre à l'adolescence. Ce film est en plus ponctué de touches d'humour délicates qui rythment le récit. c'est un fameux travail de funambule que de garder le coté palpitant et la tension, dans ce film exclusivement masculin, tout en retranscrivant le coté brillant de l'adolescence.

Les dialogues et le scénario sont signés Jacques Prevert. Il y a de la magie dans les mots de ce film. Les acteurs « adultes » principaux sont Erich von Stroheim et Michel Simon. Ils sont majestueux, leurs échanges sont à la hauteur de leurs carrières.

J'aime ce film car c'est un bon film, un magnifique film, un film des années 30 qui me parle d'aujourd'hui. J'aime ce film car il est fidèle à mes souvenirs de petite fille. Ce réalisateur permet à l'adulte que je suis de retrouver mon refuge d’enfance quasi intacte.

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