Le soir du 31 décembre, Jérôme Martinaud, un notaire, est convoqué au commissariat afin de témoigner sur l'assassinat et le viol de...

Garde à Vue

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Le soir du 31 décembre, Jérôme Martinaud, un notaire, est convoqué au commissariat afin de témoigner sur l'assassinat et le viol de deux petites filles. Les inspecteurs Gallien et Belmont, persuadés de la culpabilité du notable, le mettent en garde à vue. Gallien essaye à tout prix de le faire avouer mais malgré tout, l'affaire piétine. C'est alors que Madame Martinaud, la femme du suspect, fait un témoignage décisif pour l'enquête.

Garde à Vue – 23 Septembre 1981 – Réalisé par Claude Miller

Hormis quelques exceptions, le cinéma français actuel me gonfle. Je sais que ma position n'est pas originale pour deux sous et que je tire moi aussi sur l'ambulance. Mais bon que vous voulez vous, je n'aime pas l'idée d'un cinéma qui se limite grossièrement à deux, trois genres prédéfinis car cela ne représente aucun risque. Et que l'on a beau dénigré les USA et leurs lots de blockbusters en carton, on est pas non plus très bien loti. C'est ainsi que j'apprécie de temps en temps plonger dans le passé (sur les conseils avisés de ma chérie) pour découvrir une facette de l'histoire du cinéma français que je connais peu et qui se révèle tout de suite beaucoup plus intéressant. Ici on trouve du Michel Audiard et du Lino Ventura, pour une « Garde à Vue » de qualité !

C'est le jour du réveillon et c'est l’effervescence au commissariat ! Non seulement parce qu'il y a une fête prévue le soir avec les notables et les hauts placés du commissariat, mais bien parce qu'une affaire de viols sur mineurs avec homicides secouent la ville et les capacités des services de police à résoudre l’enquête. Cependant l'inspecteur Gallien à un suspect, un client sérieux qui se nomme Jérome Martinaud, un notaire bien connu en ville. Même si c'est délicat, de part la position du suspect, il décide de le convoquer à nouveau le 31 Décembre. C'est ainsi qu'il est mis en garde à vue et qu'un nouvel interrogatoire commence, un affrontement décisif ou coûte que coûte il doit faire avouer le notaire. Bousculé, diffamé, voir molesté, Martinaud se dérobe, plie, contre attaque comme il peut, mais ne rompt jamais. Un face à face éprouvant ou les deux hommes seront soumis à une pression sans limites …

« Garde à Vue » de Claude Miller est de ces films policiers haletant de bout en bout qui ne souffre d'aucune faiblesses et qui finalement se révélerait presque trop court. Mais si cela avait été plus long, je pense que l'on se serait fourvoyé, car c'est tout un art de réussir quelques choses sans jamais trop en faire, juste ce qu'il faut et Claude Miller lui réussit cela avec une grande maîtrise.

L'histoire du film est d'une simplicité à toute épreuve. Un inspecteur et son adjoint interroge le suspect d'une triple affaire d'agression sexuelles le soir du réveillon. Ce pitch limpide on le doit au roman « Brainwash » du britannique John Wainwright, car il s'agit d'une adaptation. Elle est écrite par le réalisateur Claude Miller, par Jean Herman et dialogué par l'immense Michel Audiard, qui laisse pour le coup les punchlines au placard pour un style plus soft, mais toujours aussi juste. Le film se concentre alors principalement sur le duel entre l'inspecteur Gallien et le prévenu Martinaud, une opposition de style, la simplicité de l'inspecteur face à la sophistication du notaire, de position, l'un parle, l'autre esquive et enfin de position sociale, le policier face a un notable. Une garde a vue ou se joue bien plus que la résolution d'un crime, mais bien la validation d'un système ou non. Est ce que la position enviable de notaire de Martinaud va le sauver face à la pression de la police ? Est ce que Gallien lors de la garde a vue a tous les droits ? Ou encore est ce qu'il faut bâcler une enquête pour contenter le plus vite possible l'opinion publique ? Des questionnements intéressant que l'on peut encore se poser actuellement ou Miller ne donne pas de réponse précise, mais un constat d'un pessimisme implacable ou l'homme reste avant tout qu'un homme, bête, stupide, ingrat, mais parfois bon et généreux, si et seulement si il laisse son égo de coté ….

Quant a la forme, c'est un quasi huis-clos, on a un décors unique et on ne déambule que rarement hors de la salle de garde à vue. Ce qui est essentiel pour Claude Miller, car cela va contribuer à l'atmosphère anxiogène de l'interrogatoire. Dans la pièce, chacun est à sa place, Lino Ventura et Michel Serrault se font face pendant qu'en arrière plan Guy Marchand tape ce qui est en train de se passer. Et la les dialogues de Michel Audiard font mouche, le ton est grave, les mots choisis avec soin et Miller rythme ça au mieux. Ce n'est jamais ennuyeux, les échanges entre les personnages claquent comme des coups de fouets et plus la tension se fait présente, plus on sent les acteurs marqués par l'éprouvante bataille qu'ils mènent. Et quand on sort du cadre de la G.A.V, c'est toujours pour aérer le récit, pour nous laisser respirer et aussi pour étoffer l'intrigue. Une vrai maîtrise de la forme, ou au milieu de ça traîne des acteurs admirablement dirigés. Lino Ventura est impeccable dans le rôle de l'inspecteur Gallien, une force de la nature blasé; Michel Serrault transpire l’ambiguïté et campe un personnage tout a fait détestable; Guy Marchand est le flic à la main leste quant à Romy Schneider une épouse au bord de l'effondrement … 

Le cinéma français qu'on aime ... 


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