DOCTOR STRANGE
Scott
Derrickson
Il va y avoir un an que j'écris pour des blogs. J'ai
eu beaucoup de chance d'écrire sur des films pour lesquels j'avais
des choses à dire. Pour la première fois je me retrouve face à un
sur lequel je n'ai rien à dire. Et je trouve que c'est assez
signifiant
vu qu'on a beaucoup parlé de Doctor Strange je vais
vous résumer rapidement le début. Un neuro chirurgien de génie
(bien sure), a un accident de voiture (une lamborghini pas moins), se
retrouve dans l'incapacité d’opérer (mais qu'elle surprise!),
découvre combien il était peu humain dans sa pratique (snif snif),
mais va partir au Népal car là bas quelqu'un peu le soigner (of
course)
le maître de ce blog dit que ce film a les qualités
de ses défauts et ce n'est pas faux !
Le premier point symbolique de ce sentiment est
l'histoire.
Comme le pitch vous laisse le percevoir, elle enfonce
beaucoup de portes ouvertes. Il n'y a pas vraiment de surprises, on
retrouve les poncifs des comics books. Le personnage charismatique
mais avec un caractère difficile. Son amoureuse non avouée mais
dévouée, intelligente mais moins que lui. Un élément traumatique
qui va le pousser à sortir de sa zone de confort, et au final le
faire se transcender. On l'a vu vingt cinq fois, décliné
différemment, et on commence à connaître le topo.
Cependant il ouvre un univers nouveau, avec un
esthétisme différent auquel je suis plus sensible. Les gadgets on y
est habitué, mais ici c'est autre chose, ils ont une personnalité,
ils sont même source d'une partie de l'humour de ce film. Car
l'humour n'est jamais loin. Le film en est émaillé, des petites
touches qui le rendent digeste et lui permette de prendre des
libertés avec plein de choses.
Ce que j'aime le plus est le
code d'honneur du personnage. Et comment il le mixe avec ce qu'il a
appris à kamar Taj. Cette volonté d'éviter la mort et de
faire du mal, sa réflexion sur ce qu'on lui apprend. C'est assez
rafraîchissant.
Les bons points, ce sont les
promesses de ce film. Les portes qui s'ouvrent vers une autre
ville, ou des univers différents dont on perçoit juste les
possibilités... c’est exactement ce qui rend ce film original, et
qui nous fera revenir pour le prochain opus. C'est un peu frustrant
de ne pas avoir pu explorer plus de ces possibilités, mais la
frustration va de paire avec CBM.
Ensuite le gros dossier de ce film ce sont les effets
spéciaux. En moyenne il doit y en avoir toutes les cinq minutes. Le
spectateur peut frôler l'overdose. Certains sont bien fait et
apportent des choses au film parfois ils sont très drôles, et
efficaces. Mais d'autres comme le moment sur fond vert sensé se
passer sur l’Everest sont vraiment laids.
Puis il y a le cas des univers parallèles qui se
déforment . C'est distorsions sont techniquement bien faites, mais
il y en a beaucoup et au sens propre ça piquent les yeux. A force de
vouloir casser les repères du spectateur, on le perd.
Mais dans l'ensemble malgré l'abus de sf la
photographie reste belle et arrive à créer un univers visuel qui
est propre à cet opus marvel. Les personnages ne sont pas surprenants dans leurs
formes, on peut deviner assez rapidement quel sera l'acolyte
d'aujourd'hui qui deviendra l’ennemi de demain, on n'est pas étonné
du twist autour de l'ancien.
Mais que ça fait chaud au cœur de voir
un homme qui traverse un drame et qui n'est pas en pleine crise
métaphysique, qui ne ressemble pas à un ado trop gâté, et qui n'a
pas besoin d'une prescription d'anti dépresseur (alléluia). Stephen
Strange tient réellement le film. Il tient l'histoire par sa force
et sa légèreté. Il est magnifiquement interprété par le jamais
décevant Benedict Cumberbatch. Il bouffe l'écran, et incarne avec
une aussi grande facilité la douleur que la légèreté. Le
personnage de l'Ancien est très complet, Tylda Swinton est
magnétique mais à la base, l'ancien est un homme asiatique. C'est
une adaptation et je ne comprends pas pourquoi on a changé ce
personnage.
Mon bémol va sur la place de Kaecilius (Mads Mikkelsen) qui a le sort des
méchants de CBM, sous exploité alors qu'il a un potentiel énorme.














