John McClane, policier new-yorkais, est venu rejoindre sa femme Holly, dont il est séparé depuis plusieurs mois, pour les fêtes de Noël dans le secret espoir d'une réconciliation. Celle-ci est cadre dans une multinationale japonaise, la Nakatomi Corporation. Son patron, M. Takagi, donne une soirée en l'honneur de ses employés, à laquelle assiste McClane. Tandis qu'il s'isole pour téléphoner, un commando investit l'immeuble et coupe toutes les communications avec l'extérieur...
Piège de Cristal - 21 Septembre 1988 - Réalisé par John McTiernan
La toute première fois que j'ai vu Piège de Cristal, je suis tombé instantanément sous le charme du film. Et depuis je le revois régulièrement. Une fois par an, voir plus et je ne m'en lasse jamais. Avec le temps, c'est devenu un film culte, un indispensable pour toute personne voulant se forger une cinéphilie diverse et variée. Et son succès a travers le temps fut tel qu'il est devenu un élément indispensable de la pop-culture, malgré ses 30 ans qui approchent. il est sorti en France dans un relatif anonymat, plombé semble t-il par une presse spécialisée en roue libre qui n'en avait que faire du dernier McTiernan. Bien mal leur en a pris, car Piège de Cristal est l'un des meilleurs films d'action de ces trente dernières années.
Quand on est flic, le boulot occupe la plupart du temps que l'on a disposition dans une journée. Reléguant au second plan des choses vitales, comme dormir, manger ou encore s'occuper de sa famille. Sauf qu'a Noël, un effort s'impose et c'est ce que John McClane fait en quittant sa belle ville de New-York pour Los Angeles, afin de passer ce moment de l'année auprès de sa femme et de ses enfants. Arrivé à l'aéroport, une voiture l'attend pour l'emmener jusqu’au lieu de travail de Bonnie, sa femme. Des retrouvailles hivernales qui vont hélas assez mal tourner. Alors qu'il a fait connaissance avec le patron de sa femme, avec certains de ses collègues, il part se rafraîchir dans la bureau de sa femme, pour essayer un tant soi peu de récupérer quand un commando armée fait irruption dans l'immeuble. Et instinct de flic oblige, John s'échappe de l'étage ou il se trouve et mène seul les hostilités contre Hans Gruber.
Une nouveauté aura éclipsé une suite. En 1985 la 20th Century Fox et Joel Silver veulent donner une suite à Commando, en adaptant le roman Nothing Last Forever. Hélas pour eux, Arnold Schwarzenegge ne veut rempiler pour une suite. Une déconvenue que les producteurs effaceront très vite pour lancer « Piège de Cristal ». Une histoire qui sera moins sombre que prévue. Elle s'adapte ainsi a l'époque de sortie du film, pour être le divertissement estival parfait !
Ce qu'est le film du début à la fin, grâce a un homme en particulier, le talentueux John McTiernan. Le scénario est certes plus léger mais il est d'une fonctionnalité a toute épreuve. On a un équilibre entre les divers éléments de l'intrigue absolument stupéfiant. Une exposition concise mais très claire, qui définit les personnages au plus justes. Et c'est très vite que l'on comprend qu'on est face à un couple héros/vilains dont on se souviendra longtemps, avec la naissance d'un personnage qui fera école, le spontané John McClane et l'un des méchants les plus truculents que le cinéma nous est donné, le calculateur Hans Gruber.
A partir de la, le film de McTiernan est un modèle du genre, c'est parfaitement rythmé. Il alterne entre scènes d'actions spectaculaires et scènes plus « intimistes » ou les personnalités s'étoffent devant une intrigue qui se dénoue petit à petit ! McTiernan comme dans bon nombres de ses films sait gérer parfaitement l'action, c'est vraiment précis, lisible et l'optimisation de l'espace au profit de l'histoire est assez inventive. On passe ainsi d'une salle de réunion a une cage d'ascenseur, ou encore d'un étage à l'autre par divers moyens qui interagissent avec une scène qui se situe bien plus bas dans l'immeuble. Rajoutons à ça, l'élégance de la photo de Jan De Bont, la bande originale de Michael Kamen ainsi qu'une propension manifeste à avoir de jolies dialogues, percutants et indémodables …
Passer de Clair de lune à ça, il fallait oser et Bruce Willis l'a fait, pour incarner John McClane, le personnage qui l'aura fait devenir une superstar ! Premier rôle de gros bras qui n'en a pas l'air pour un gars qui aura su insuffler ce coté « mec normal » a un personnage qui ne l'est clairement pas. Et c'est avec une certaine délectation que l'on souffre avec lui, qu'on rigole et qu'on avance, espérant un jour ou l'autre dire « yippi ki yay, motherfucker » . Willis l’interprétera encore 4 fois, dont deux qu'il aurait pu se dispenser. Le subtil Alan Rickman se glisse dans les chaussons de Hans Gruber avec tout la décontraction d'un jeune premier au cinéma. Légèrement hautain, un brin précieux, tout ce qu'il faut pour nourrir ce personnage calculateur, précis et manipulateur. Pas étonnant que l'on trouve son frère dans Une Journée en Enfer. Le reste du casting est aussi de très bonne facture, je pense a Bonnie Bedelia qui est suffisamment convaincante pour être la femme de ce fou de McClane, un rôle fort qu'elle incarne à merveille; il y a Reginald VelJohnson qui incarne le sergent Al Powell, le confident du héros mais aussi son point de repère dans le marasme qui l'entoure et c'est jouer avec justesse et empathie ; puis il y a aussi Paul Gleason le chef-adjoint bruyant, De'voreaux White pour le loquace Argyle ou encore l'insupportable William Atherton qui prend du plaisir a jouer le journaliste exécrable …
Je crois que l'on appelle ça, un chef d'oeuvre du genre ! Non ?










