Mary Poppins Returns

by - mars 31, 2019


Si Pamela L. Travers n'a pas approuvé la première adaptation en 1964, il y a fort à parier qu'elle n'aurait pas non plus aimé celle d'aujourd'hui, intitulé sobrement « Mary Poppins Returns ». Pourtant, le constat est bel et bien là, Mary Poppins a traversé les âges avec une facilité déconcertante, devenant très certainement une « Super Nanny » avant l'heure qui réconforte aussi bien les parents que les enfants. Moi-même il y a fort longtemps j'aurais bien aimé voir une Mary Poppins descendre sur la maison de mon enfance pour filer un petit coup de main à ma mère. Malgré ça j'étais sceptique quant à l'idée d'un nouveau film « Mary Poppins », car honnêtement qui pourrait remplacer Julie Andrews ? De plus, je ne suis pas un grand adepte du marketing « nostalgique » si cher à notre époque, sauf que la magie de cet univers m'a happé dès la première bande-annonce et il est difficile d'aller contre ce sentiment si réconfortant parfois, que l'on appelle les souvenirs

"Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages plein de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy."




A la fin de ce film, je me suis senti comme à chaque fois que je regarde « Mary Poppins », je suis triste de la voir partir, seule, mais avec le sentiment du devoir accomplie vers d'autres cieux ! Et c'est ce sentiment que je garde à posteriori sur le film, qui me dit à moi que Rob Marshall n'a pas raté l'essentiel, à savoir rendre justice à cette nanny mystérieuse, magique et bienveillante..



Au scénario, on retrouve David Magee (l'Odyssée de Pi, Neverland) qui nous raconte l'histoire des enfants Banks, Michael et Jane devenus adultes. Cela se passe approximativement 20 ans après les faits du premier film et Michael qui travaille dans la même banque que son père doit faire face à des grosses difficultés financières. Un fardeau trop lourd pour lui et ses enfants. Cependant, une aide impromptue venue du ciel arrive, la nounou de son enfance venait d'arriver. Cette intrigue n'est pas mauvaise en soi, si vous n'avez jamais vu le précédent ! Parce que si ce n'est pas le cas, c'est une déception à tous les étages tant l'intrigue est caler sur le film d'origine, avec le même tempo et le même genre de péripéties. Et je ne parle pas des clins d’œils à celui de 64, ou du twist final plutôt vulgaire (quoique sympathique). Malgré ça, le film se renouvelle un tant soi peu par les thèmes qu'il essaye d'aborder, comme la mort et le deuil au travers de Michael Banks et ses enfants, ou les méfaits du capitalisme (krach boursier de 1929) avec le comportement de la banque.



Toutefois, si cela à le mérite d'exister dans le film, cela ne reste que secondaire. Comme Rob Marshall est plus préoccupé à faire en sorte que l'on oublie la redondance du scénario, mais ça ne fonctionne pas parce que cela n'est pas naturel et surtout il en fait beaucoup trop ! La scène du « bain » par exemple est symptomatique du film, ou alors celle chez la cousine de Mary Poppins qui ne semble être qu'une variation du passage chez l'oncle albert, tout comme l'omniprésence des chansons qui sont loin d'être toutes des réussites. Malgré ça le film se suit sans déplaisir, Rob Marshall perpétue le côté classique du film de 1964, il est même capable de créer des numéros, comme celui des falotiers, ou celui en animation, qui rivalisent avec ceux de son film « Chicago », qui mettent par la même occasion en valeur la belle direction artistique, les compositions de Marc Shaiman, ainsi que les beaux costumes de Sandy Powell.



Quant au casting, si je ne m'arrête qu'au cœur de ceux qui composent le film, je le trouve merveilleux ! Lin-Manuel Miranda est le digne héritier de « Bert ». Il est un « falotier » (allumeur de réverbères) au cœur énorme et qui a la bienveillance chevillé au corps, un phare dans la nuit londonienne. Les enfants Banks sont interprétés par trois adorables petits acteurs et actrices, que sont Pixie Davies, Nathanael Saleh et Joel Dawson. Leur père n'est autre que Michael Banks, joué par Ben Whishaw, qui campe un personnage à mi-chemin entre son père et celui qu'il était enfant. Cela donne un personnage qui exagère l'autorité, alors qu'il n'est qu'un parent dépassé par les événements. Puis il y a sa sœur, Jane Banks, interprétée par Emily Mortimer. Elle reprend le flambeau de sa mère, mais elle est un peu effacée par rapport à lui, ce qui est dommage. Mary Poppins est interprétée par Emily Blunt et elle se révèle tout aussi inspirée que son illustre aîné, tout en apportant une touche un peu plus dure, bien que toujours bienveillante.

Pour finir, je dirai que j'aime ce film pour ce qu'il est ! Une suite pleine d'énergie et de bonnes intentions, mais aussi pleines de défauts, qui a su garder les marqueurs de ce qu'était le « Mary Poppins » d'antan. A savoir de la magie, du mystère, de la bienveillance et du rêve ou le personnage écrit il y a plus de cinquante continue d'accompagner les gens a travers les âges, montrant le temps d'un film que tout est possible, même l'impossible …



Mary Poppins Returns – 19 Décembre 2018 – Rob Marshall

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