De la douleur à l'extase, le FIFIB dévoile ses atouts pour 2018

by - septembre 21, 2018


Les années passent et le "FIFIB" reste relativement sage des qu'il s'agit de nous présenter l'édition à venir, on se retrouve soit à l'Utopia ou à l'Utopia, mais je taquine car il y a eu une fois où c'était à la Station Ausone. Sauf que cette année, le lieu de la conférence de presse de la septième édition du "FIFIB" m'a fait sauter au plafond, elle a réveillé le "braqueur de cinéma" qui sommeille en moi, celui qui aimerait détourner un fourgon à "l'italienne" ou qui aimerait tromper la vigilance d'un inspecteur en se cachant à l’intérieur même de la banque. Nous nous sommes retrouvés Cécile et moi, à l'ancien siège régional de la Caisse d'Epargne de Bordeaux de l'architecte Edmond Lay. Un lieu imposant et audacieux, notamment par son architecture, qui me rappelle un peu celle de l'architecte californien Frank Gehry pour le fameux musée de Bilbao, le Guggenheim. C'est un monstre de volupté, que l'aspect brut des pierres rend si atypique et quel magnifique endroit pour accueillir le temps d'une matinée le plus atypique des festivals de cinéma !



LE JURY ?

Les jurys, c'est toujours compliqué. En tant que festivaliers c'est l'élément essentiel, on l'aime passionnément au début, puis à la fin on sanglote en se demandant pourquoi? De plus aucun de nous, n'est du style à seulement adresser la parole a une personnalité qu'il admire, du coup on les regarde de loin. Fascinés, on essaie de déterminer qui s'entend avec qui, et si ils vont avoir les mêmes goûts que nous. Un jury ça fait rêver et ça fait des souvenir. Oxmo Puccino est sa silhouette qui traverse les rues de Bordeaux alors que je rougis en me cachant derrière le key maker du blog, Santiago Amigorena longiligne qui boit un café à coté de vous et la voix du key maker qui vous dit «il est génial», ou encore Julie Depardieu et son jury qui se plante de cinéma... plein de petites choses comme cela. Mais on se souvient rarement de leurs palmarès car ce ne sont pas les nôtres. Apres un fort mécontentement, de longues interrogations, des brainstormings à n'en plus finir sur le pourquoi, on finit par ne garder que les films qui nous ont embarqué, bouleversés, qui nous ont choisi bien plus que ce que nous les avons choisi.


Mais cette année, le jury des longs métrages c'est déjà une affiche qui fait rêver. Le président est Kleber Mendoça Filho, réalisateur de "Aquarius", dont la critique sera sur le blog d'ici peu. Il aura également une carte blanche tout au long du fifib, où il présentera des films qui rentrent en écho avec les siens et qui prolongent sa réflexion
Vincent Macaigne, qu'on ne présente plus. Chacun d'entre nous, a son film avec cet acteur extraordinaire dans sa filmothèque rêvée et idéale. Pour moi, il sera encore longtemps le doux et bouleversant héros de Tonnerre.
Garance Marillier, mon dieu comment une actrice peut elle braquer mon cœur de cinéphile avec un seul film à son actif. Comment tant de talent peut il exploser un écran. Elle est un des noms français qui m’amènera à aller au cinéma bientôt. En elle et en ses goûts, j'ai grand espoir.
Rachida Brakni, m'a toujours fascinée quand j'ai croisé ses œuvres, et j'ai toujours apprécié sa manière de penser, et de voir les choses.
Je connais peu Lola Creton et Danielle Arbid, mais leurs parcours laissent transparaître des femmes fortes et de convictions qui auront forcément un avis tranché sur la compétition longs métrages.




LA COMPÉTITION ?

La compétition la voilà. Cette année elle est divisée en deux catégories: française et internationales !
il y aura donc

Obey de Jamie Jones
L'homme qui a surprit tout le monde de Natasha Merkulova et Aleksey Chupov
Rojo de Benjamin Naishtat
Suburban birds de Qiu Sheng
Meurs, monstre meurs de Alejandro Fadel
Jessica Forever de Caroline Poggi et Jonathan Vinel
Sophia antipolis de Virgil Vernier
Pearl de Elsa Amiel
Amanda de Mikhael Hers
Game Girl de Alina Skrzeszewska

Deuxième jury, seconde et troisième compétitions (Courts Métrages & Contrebandes)

Celle des courts métrages, compétition qui a un aspect très traditionnel, et celle dite de contrebande où sont projetés des courts qui n'ont pas de producteurs, très souvent autofinancés. Pour juger ses œuvres on trouvera Bruno Sanchez, Calypso Valois, Morgan Simon, Lola Bessis, et Said Hamich.


Si vous en avez marre de la compétition longs métrages, ou que la Contrebande ne vous évoque qu'un obscur bandit dans une galaxie très très lointaine, le festival (comme chaque année) propose une flopée de sections parallèles. On trouve des cartes blanches (Emmanuel Carrère, Kleber Mendonça Filho), des focus (Alice Diop, Ryusuke Hamaguchi), des avants premières, un panorama ou encore cette année une sélection de films, qui célèbre l'horreur au "féminin" !!!
Pour ce premier fifib post « me too », il y a un vrai accent féministe dans ce festival. Ça a toujours été le cas surement car l'organisation du fifib est en grande partie féminine. mais cette année il est encore un peu plus palpable, et ça passe par plein de petites choses. L'une d'entre elle est la thématique «horreur: nom féminin». Avec des projections qui se composent d'un court, et d'un long métrage, tous les deux réalisés par des femmes, et tous les deux revisitant les codes des films d'horreurs.


Seront diffusés à cette occasion:



La Persistente de Camille Lugan
Mister Babadook de Jennifer Kent
Don't think of a Pink elephant de Suraya Raja
The Voices de Marjane Satrapi
O is for orgasm de Hélène Cattet et Bruno Forzani
The Love Witch d'Anne Biller
Junior de Julia Ducournau
Trouble Every Day de Claire Denis


NOS ATTENTES ?

(cécile)S'il y a quelque chose que j'ai appris de mes "fifib" précédents, c'est de ne pas avoir confiance en mes attentes. J'ai toujours de fortes attentes, je brûle toujours d'impatience à ce moment là. Puis au fil des projections des films en compétitions , ce ne sont jamais ceux que je croyais que je ramène avec moi. Je n'attendais pas « Pin Cushion » l'année dernière, mais c'est lui qui m'a le plus bouleversée, c'est lui mon petit trésor. Même l'émouvant et éblouissant « I am not a witch » n'a pas réussi à le concurrencé.

Cette année, "Suburban birds" et "Rojo" sur le papier font naître l'envie, mais lequel ravira mon cœur... réponse le 15 octobre.
Comme toujours l'offre autour de la compétition des longs métrages est un magasin de bonbons, dans lequel je voudrais m'engouffrer, si comme Hermione j'avais un retourneur de temps. C'est toujours déchirant de devoir sacrifier une rencontre avec un film, pour aller en voir un autre. L'année dernière, hors concours, Michel Ocelot, a réchauffé nos cœurs et nous en avions besoin; nous avons découvert aussi le magnifique "A girl walks home alone at night", l'année d'avant la jeune fille sans mains nous a transporté... Cette année «horreur: nom féminin» et le focus Ryusuke Hamaguchi, sont des expériences que je voudrai faire, mais tout ça dépendra des horaires des différentes séances et de ce qu'il y aura en face. Et ce sera malheureusement le cas aussi pour les courts et pour ceux de la catégorie contrebande.  

(frédéric) Avec le temps au "Fifib" j'ai appris à ne pas avoir d'attentes particulières, car et c'est là toute la spécificité de ce festival, c'est qu'il prend un malin plaisir à déjouer tes attentes. Mais malgré ça, il y a des films qui tapent dans l’œil comme "Obey" de Jamie Jones ou l'intriguant "Suburban Birds" de Qiu Sheng pour la compétition des longs métrages internationaux. Du coté des français il y a le documentaire "Game Girls" de Alina Skrzeszewska ou encore (j'émets des réserves dessus) le nouveau film de Virgil Vernier "Sophia Antipolis" ! Quant aux autres sélections ? Cela sera du bonus ... 

Voilà, c'était un petit focus sur ce que le "FIFIB" "7eme Edition" nous réserve. Le festival débute dans un peu moins de vingt jours et il n'en finit pas de s'imposer comme un festival de cinéma qui compte !
Toujours plus de festivaliers, toujours plus de films, de subventions et de motivation pour les équipes du "FIFIB" qui font un travail de "DINGUE" pour nous offrir chaque année le meilleur et faire de ce festival crée par deux femmes (Pauline Reiffers et Johanna Caraire) un lieu ou la diversité n'est pas un vain mot.

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