Les Anges Déchus

by - avril 19, 2018


Hong Kong la nuit. Un tueur à gages en a assez de tuer. Une femme lui sert d'agent et rêve qu'il tombe amoureux d'elle. Une jeune fille veut se venger d'un amour déçu. Une jeune femme guette le grand amour. Un garçon muet déambule dans les rues.

Les Anges Déchus – 5 Mars 1997 - Réalisé par Wong Kar-wai

Le cinéma est formidable comme art, parce qu'il nous permet énormément de choses. On peut voyager, réfléchir, s'ouvrir au monde, se divertir ou encore ne plus penser à la vie quotidienne, le temps que dure le film, fantasmant sur les tribulations d'un personnage atypique coincé dans une histoire parmi des milliers qui existent. Et certain cinéastes ne se contentent pas de nous séduire avec une bonne histoire, ils font du lieu où ils tournent un personnage à part entière et je défie quiconque de me dire qu'il n'a jamais eu envie de découvrir un pays ou un endroit bien spécifique après un film ! C'est le cas pour moi avec ce film, Hong-Kong où se passe l'action est fascinante, une ville a la fois sombre et lumineuse, docile et agitée, ou tout semble possible, ou l'intime se cache derrière la foule dense et intense des quartiers hongkongais. Un lieu idéal pour les anges déchus de Wong kar-wai.

Cette ancienne colonie britannique, rétrocédée à la chine en 1997 est connue comme l'une des villes les plus densément peuplée au monde, mais aussi pour sa production cinématographique. Un lieu idéal dans lequel Wong Kar-wai tourne la majorité de ses films. Les Anges Déchus est intimement liée a cette ville car il trouve son origine dans « Chungking Express » qui est son père spirituel. En effet lorsque le réalisateur décide de tourner ce film, il est en pause pendant près de deux mois alors qu'il est en pleine post-production de son wu-xia-pian « Les Cendres du Temps ». Il décide de profiter de ce laps de temps pour se redonner de la confiance. Il fait un film tel qu'un étudiant l'aurait fait et c'est ainsi que « Chungking Express » est né, sans scénario complet mais avec l'idée d'un film lumineux dans lequel il prendrait du plaisir. Alors qu'après avoir développé les deux premières histoires, il en avait écrit une troisième, une histoire avec un tueur à gages, mais comme il pensait que cela serait trop long, il en a fait « Les Anges Déchus », la face cachée de « Chungking Express » !

Et c'est tout l'attrait de ce film, on plonge certes dans une série d'histoires différentes, mais on reste en territoire connu. On retrouve le « Midnight Express » et le « Chungking Mansion », puis la ville de « Hong-Kong », dans lequel on assiste à l'histoire d'un tueur a gage et de son agent, ou encore à celle d'un homme muet et d'une fille qu'il aide, le tout avec alternance et répondant avec intelligence à « Chungking Express ». Wong kar-wai oppose a son précédent film, la noirceur, l'ombre, la nuit, l'oubli et la mort, sans jamais se départir d'un aspect romantique qui parsème son œuvre. Le film parle alors d'amour, sous diverses formes, filial, platonique, passionné ou encore impossible, avec une folle énergie qui contraste la douce mélancolie que le réalisateur fait émerger par instant. Wong kar-wai aime ses « anges déchus », aime ce qu'ils sont et il ne les prives pas d'un amour que l'on mérite, car plus quiconque Wong kar-wai n'aime pas la solitude …

Quant à la forme, on retrouve le même langage que dans « Chungking Express », une caméra portée et un sens de l'esthétique affûté, qui magnifie la nuit hongkongaise ! En terme de rythme le film est moins « pop » que son aîné, notamment parce que le montage alterné nous fais suivre les deux histoires en même temps. Et si on entre pas dans l'histoire, cela peut semblait long. Malgré ça, c'est très plaisant, la caméra de Wong kar-wai s'immisce partout et ne se pose jamais de contrainte, en résulte des plans assez long, très fluide et parfois assez complexe. Dans lesquelles on retrouve aussi la science de la lumière d'un de ses collaborateurs réguliers Christopher Doyle, qui capte mieux que personne les points de lumières pouvant apporter de la chaleur à l'écran, dans cette nuit omniprésente. Un ensemble visuel cohérent, presque le négatif du génialissime « Chungking Express », ou les acteurs, aussi a l'aise que particulièrement inspirés traversent le film avec conviction.  

Fabuleux

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