Speed Racer

by - mars 04, 2018



Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Né pour ce sport à haut risque, il n'y a connu qu'un seul rival : son propre frère, le légendaire Rex Racer, fauché en pleine gloire et dont il est aujourd'hui l'héritier. Loyal à la firme de son père, Pops Racer, concepteur de sa puissante Mach 5, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Après s'être attiré par ce refus la haine du fanatique Royalton, Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poignée d'hommes d'affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course...

Speed Racer – 18 Juin 2008 - Réalisé par Lana et Lilly Wachowski


Comme une certaine génération, celle qui a connu le club Dorothée, j'ai grandi avec l'animation japonaise ! Un véritable phénomène à l'époque qui nous a fait connaître Ken le Survivant, Saint Seya, Dr Slump, Dragon Ball, Nadia et le secret de l'eau bleu, Olive et Tom, Nicky Larson ou encore Astro le petit robot. Une culture qui a façonné en grande partie mon imaginaire, car une fois le pied dedans, il est difficile de s’arrêter et de ne pas rêver à plus grand, voir ce que l'on aimait enfant, en film live fait pour le cinéma. Un rêve qui s'est souvent heurté a une chose terrible, « La Réalité » ! Car dans 90 % des cas, l'adaptation d'un mangas ou d'un anime en film « live » s'est avéré être un échec cuisant, sauf dans de rares cas, où des cinéastes aussi doués qu'intelligents ce sont penchés dessus, avec comme seul leitmotive, celui de faire un bon film. Et les sœurs Wachowski, après un film noir et la trilogie Matrix, font partie de cette catégorie là !

Rex Racer est un pilote de génie qui fait la fierté de son petit frère Speed Racer ! Pourtant il sera fauché en pleine gloire, lors d'une course extrêmement dangereuse, laissant la famille Racer dans le deuil et un jeune frère avec des rêves pleins la tête. Bien des années après, le jeune Speed Racer a bien grandi et il est devenu à son tour un immense pilote, qui court sous la bannière familiale et rêve en secret de battre son propre frère. Un talent qui ne laisse pas insensible les très grosses écuries, comme celle qui appartient à Arnold Royalton, qui lui offre un pont d'or et une vie luxueuse. Speed est très tenté, mais il décline car il se méfie des compagnies qui sont avides de pouvoirs. Royalton vexé, s'acharne sur la famille Racer, les accusant de diverses délits en tout genre. Une opportunité s'offre à la famille Racer de faire taire toutes ces accusations, quand l'inspecteur Detector propose a Speed de participer à la Casa Cristo 5000 aux cotés du mysterieux Racer X et de Taejo Togokahn pour faire tomber Royalton. Une folie pour Pops Racer, mais pas pour Speed, qui va concourir …

« Speed Racer » ou « Mach Go Go Go » est un shonen crée en 1966 par Tatsuo Yoshida ! Publié au départ dans le Shonen Book de l'éditeur Shueisha, il a connu par la suite une adaptation en animé de 52 épisode par Tatsunoko Productions diffusée entre 1967 et 1968 sous le nom de « Speed Racer : Mach GoGoGo ». Trente ans plus tard, le manga connaît une nouvelle adaptation sous le nom de « Speed Racer X » avec 34 épisodes avant d’atterrir dans les mains des sœurs Wachowski et de réussir ce que j'appelle à mes yeux « le coup parfait » ! Les réalisatrices ont grandement prouvées avec la trilogie Matrix qu'elles étaient fans de mangas, d'animés et plus généralement de Japanimation, notamment lors de certaines séquences de leurs films, mais aussi avec la série de courts métrages d'animation « Animatrix ». Une compréhension du médium évidente, qu'elles prennent ici au pied de la lettre, en réalisant une adaptation qui va bien au delà de mes espérances, fidèle au genre, à la charte graphique de l'époque, prouvant qu'il est possible de mettre en scène les excentricités que le papier permet !

Le scénario du film est écrit par les deux sœurs Wachowski ! Une histoire qui condense en deux heures ce que le shonen offre de plus exaltant. Speed Racer est un shonen de sport, avec les figures imposés que ça impose, le héros et son modèle, le héros qui surpasse son modèle, le héros qui a un but, le héros et son rival, puis pour finir le héros et les nombreuses embûches qui l’empêcheront d'atteindre son but. Et même si en quelque sorte cela ne surprend guère, sur le fond cela montre bien qu'elles sont attachées à ce qu'elles racontent et qu'elles ne veulent pas le dénaturer, ce que personnellement j'apprécie ! Mais elles ne s'oublient pas pour autant car l'histoire fait écho à leur filmographie. Le film comporte et brasse des thèmes qui leurs sont chers, comme la quête d'identité, savoir qui l'on est et qui l'on veut devenir; celle de la vérité, ici sur le sport automobile; sur le double; la foi; sur le pouvoir d'un homme face au collectif ou encore sur les dangers que représentent le capitalisme.

Et en bonnes conteuses d'histoires qu'elles sont, les sœurs Wachowski gèrent à merveilles les différentes histoires qui se présentent à nous, tout en instillant du rythme et une ambiance digne des plus grand prix de Formule 1. Une opulence que l'on retrouve aussi visuellement (Attention à vous, vos yeux peuvent ne pas apprécier) dans tous les effets pendant les courses, les décors ou encore les nombreux d'entrelacements qu'il y a à l'écran, pour lequel la science de l'éclairage du chef op David Tattersall (prélogie SW) fait merveille ! Et que çà soit dans le découpage, ou la mise en scène, cela respire le manga, ainsi que le jeu vidéo, les nombreux circuits font penser à ceux de Mario Kart ou parfois même de F-Zero, puis il y a le clin d’œil au « fantôme », qui représente le meilleur temps, mais aussi les doutes de Speed Racer. A cela il faut ajouter toutes les scènes de « Car-Fu », véritable exutoire dynamique et visuel, ou on a clairement plus les mêmes notions de physique élémentaire, ce qui donne des poursuites rapides, imaginatives et surtout pleines de rebondissements. Pour finir, il ne faut pas oublier, l'habillage musical et sonore qui se rapproche au plus près de l'animé d'origine, en plus du travail de Michael Giacchino.

Le casting est bon et il se révèle à son aise, malgré une multitude de scènes à jouer devant un fond vert. Dans le rôle titre on retrouve Emile Hirsch (Speed Racer), parfait dans ce rôle plein de force et de candeur, il campe le héros typique de Shonen. Ensuite on trouve Matthew Fox (Racer X) dans le rôle du pilote mystérieux et impitoyable, rival de Speed Racer et ami, une présence incroyable qui irradie l'écran à chacune de ces apparitions. L'excellent Roger Allam (M. Royalton) campe le dirigeant de multinationale comme on les aime, machiavélique, vénal et bien trop sur de lui, auquel l'acteur y ajoute une dose de cynisme et de second degré qui font mouche. Puis on trouve toute la famille Racer, avec l'inégalable John Goodman (Pops Racer) père aimant et protecteur, la tendre Susan Sarandon (Maman Racer), l'intenable Paulie Litt (Spritle Racer) le comique de service, ainsi que Kick Gurry (Sparky) et Christina Ricci (Trixie). Pour finir, on trouve aussi Hiroyuki Sanada, Rain, Yu Nan ou encore l'acteur allemand Benno Furmann

Un coup de génie tout simplement !


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