Pentagon Papers

by - mars 24, 2018

Katharine Graham, left, publisher of The Washington Post, and Ben Bradlee, executive editor of The Washington Post, leave U.S. District Court in Washington, D.C., on June 21, 1971. The newspaper got the go-ahead to print Pentagon papers on Vietnam. Later however, the U.S. Court of Appeals extended for one more day a ban against publishing the secret documents. Credit: (AP Photo)


Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s'associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d'État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d'années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Pentagon Papers – 24 Janvier 2018 – Réalisé par Steven Spielberg


Daniel Ellsberg est l'un des premiers lanceurs d'alertes tel que ,nous les connaissons aujourd'hui, notamment avec des personnes comme Edward Snowden ou encore Julian Assange. Son principal fait d'armes? Avoir photocopié petit à petit les 7000 pages d'un rapport secret défense accablant sur la guerre du Vietnam et les nombreuses irrégularités des différents gouvernements en place pour la mener! Une conviction qu'il a acquis quelques années avant, lors d'un événement anti-guerre organisé par la « War Resisters League » (l'une des plus vieilles organisations pacifiste des USA) où Randy Kehler activiste anti-guerre se réjouissait de rejoindre ses camarades résistant en prison. Saisit par la conviction de l'homme qui était convaincu qu'il faisait la bonne chose, Ellsberg compris ce jour la que son pays était compromis dans un conflit qui n'avait aucun sens. Une conviction qui reste encore intacte à ce jour, ou l'homme a pris position contre la guerre en Irak ou a soutenu ouvertement Edward Snowden.

Si j'en parle, c'est parce que « Pentagon Papers » en parle peu, préférant ce concentrer sur la problématique qui se pose à la propriétaire du « Washington Post » et de son rédacteur en chef, publier ou non les pages du rapport copiées par Ellsberg ! Un choix pertinent, mais qui occulte bien des facettes de l'histoire, un peu comme Christopher Nolan avec son « Dunkerque ». Le film n'est plus au service de l'histoire, mais bien l'inverse, l'histoire, la grande, se met au service de celui qui la raconte, en lui permettant de faire dans ce cas, d'une époque le reflet d'une autre … 


L'histoire du film se trouve à la croisée des chemins, d'un coté nous trouvons la nouvelle propriétaire du Post, la fraîchement nommée Katherine Graham, qui doit mettre de coté son caractère consensuel pour s'imposer à la tête de son journal et de l'autre une rédaction, menée par Ben Bradlee qui voit lui tomber du ciel, les fameuses pages du rapport sur la guerre du Vietnam que le New York Times exploite déjà ! Ces révélations, brûlantes, scandaleuses et potentiellement dangereuses pour le journal, vont les mettre à l'épreuve, où chacun, journalistes comme dirigeants, pèseront le pour et le contre d'une décision qui changera leurs vies, ainsi que leurs professions.


Cette réflexion portée par Steven Spielberg, sur un scénario écrit par Liz Hannah et Josh Singer est d'une efficacité implacable, mixant réflexion déontologique et sociétale sur la liberté d'expression, avec une pointe de féminisme, trouve un écho tout particulier depuis l’élection du président Donald Trump. Un rappel de ce que doit être le travail d'un journaliste bienvenue, voire indispensable, surtout depuis que le monde de l'information est peuplé de fake news et d'un président qui affirme sans sourciller qu'un média ment des qu'il est contrarié ! Et c'est porté par une urgence de tous les instants, Spielberg emballe ça avec un soin et une minutie extraordinaire, sa caméra bat au rythme de la rédaction du « Post », ses cadrages retranscrivent avec soin les rapports de force, tout en sachant les faire évoluer avec le temps.

Mais voilà, même si la photo est belle, le casting est bon, le film n'échappe pas a certaines facilités! Notamment dans la caractérisation des personnages qui n'existent que pour incarner une fonction et rare sont les moments ou ils en sortent, ce qui est bien dommage, car cela aurait donné plus d'épaisseur aux différents personnages, ainsi qu'une plus grande émotion. Puis je trouve avec le recul, le film très manichéen, où l'on a les gentils journalistes, la gentille patronne, les méchants financiers et bien évidemment les autorités hostiles, incarnés en partie par des apartés avec Nixon. Une simplification des rapports qui sert certes le récit, mais qui ne rend pas service à l'histoire, autrement plus dense !

Joli coup de Spielberg !

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