Paprika

by - septembre 03, 2017


Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs. Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l'inventeur du DC Mini, le Dr. Tokita, décide, sous l'apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s'aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s'est emparé du DC Mini et pour quelle raison. Elle découvre que l'assistant du Dr. Tokita, Himuro, a disparu...

Paprika – 6 Décembre 2006 – Réalisé par Satoshi Kon


C'est un peu par hasard que j'ai découvert le génie de Satoshi Kon. C'était il y a quelques années avec son premier long métrage d'animation « Perfect Blue », un film qui m'avait laissé perplexe et que je n'ai toujours pas revu depuis. Mais entre temps, j'ai vu au cinéma « Inception », l'excellent film de Christopher Nolan que l'on a accusé de plagier l’œuvre « Paprika », puis quelques mois plus tard il y a eu « Black Swan » de Darren Aronofsky qui a bien des égards c'est fortement inspiré du premier long de S.Kon, a un point tel que l'on a aussi accusé le cinéaste de l'avoir plagié! C'était donc évident que j'avais raté des choses essentielles et que Satoshi Kon à eu place bien particulière dans le monde de l'animation.


Le commissaire Konakawa Toshimi est sur la piste d'un suspect. Son enquête l’amène dans un cirque lors d'une représentation et alors qu'il est sur le point de lui tomber dessus, il se retrouve sans comprendre comment, au centre de la piste ! Interloqués plusieurs personnes lui foncent dessus, des personnes qui ont son visage. Il arrive à s'échapper et se retrouve derrière son mystérieux suspect dans un long couloir et quand il s’apprête à tirer après plusieurs sommations, le sol se dérobe sous ses pieds et le couloir s’effondre sur lui même. Ce qui entraîne le réveil du commissaire qui subissait une consultation de Paprika, qui doit l'aider a solutionner un rêve récurrent qui le tourmente. Paprika n'est autre l'alter-égo du docteur Atsuko Chiba, l'une des co-créatrices du DC Mini avec le docteur Kōsaku Tokita, un appareil qui permet d'explorer les rêves et le subconscient des gens. Une invention que ces créateurs testent régulièrement pour en affiner les réglages, même si son usage à des fins thérapeutique n'est pas autorisé. Hélas trois modèle de DC Mini sont volés; sans sécurité leurs usages peut avoir des effets dévastateurs …

Première chose, Christopher Nolan ne plagie pas Satoshi Kon, les deux films sont tellement différent que ça serait indécent d'affirmer le contraire. Et deuxièmement « Paprika », ce film au nom d'épice est une petit bombe surprenante du début à la fin. Un film d'animation comme on en fait peu, qui ose a peu près tout et qui le réussi avec une réussite insolente. Ou se perdre dans les bras d'un film n'a jamais était aussi vrai !

« Paprika » est l'adaptation d'un roman de Yasutaka Tsutsui, un auteur réputé de science-fiction japonais, connu pour son anticonformisme, son humour noir et la satire dont ses œuvres sont remplies. On y retrouve aussi de la psychanalyse et du surréalisme, des thèmes qui furent le sujet central de sa thèse lors de ses études et qu'on retrouve bien évidemment dans son livre « Paprika ». Des sujets qui sont aussi au cœur de l'histoire et du scénario écrit par Satoshi Kon et Seishi Minakami. Si on prend les divers nœuds de l'intrigue et la motivation du méchant, on est en terrain connu, Une personne puissante veut profiter du DC Mini pour contrôler le monde en fusionnant l'univers des rêves et celui du réel. Ce qui est intéressant et qui interroge sans cesse pendant 90 minutes, c'est la manière avec laquelle c'est raconter !

Satoshi Kon l'a bien compris et il écrit une intrigue qui n'a pas de frontière. On passe du rêve au réel sans se poser la moindre question, on navigue comme « Paprika » avec aisance, ou une action qui débute dans un rêve peu finir dans la réalité et vice versa, ou les songes sont les reflets de la personnalité du personnage à l'écran et ou chaque rêve est une allégorie des divers sentiments qu'il peut ressentir. C'est coloré, onirique et riche ! Un univers idéal pour questionner notre rapport à l'image et plus généralement sur la façon dont on surmonte les difficultés que la vie dresse sur notre chemin.

Et rien de tel que l'animation pour transmettre une telle histoire à l'écran ! Un choix que S.Kon s'empare pour nous offrir un long métrage qui fourmille d'idées, de couleurs, un melting pot de culture transcendé par une parade inter-réalité qui donne le tempo de l'intrigue. L'animation est d'une fluidité a toute épreuve, le dessin est toujours soigné, et ça permet de voir des choses qui ne seraient possibles qu'avec un tas d'effets numériques dans un film classique! En soi la fin du film est le plus beau des exemples, on plonge dans une tv pour ressortir par l'objectif d'une caméra, avant de sauter dans une affiche pour une course de jet-ski. Cela donne un aspect ludique a ces couches successives d'intrigues qui permet de surpasser la relative complexité de l'intrigue. On retrouve la très belle partition de Susumu Hirasawa qui complète l'ambiance que le réalisateur dresse des le début, et l'impeccable direction artistique de Nobutaka Ike. 


Brillante mise en abîme d'une société qui ne fait que rêver ... 

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