La nuit dernière, un incident, parti d'une petite émeute, s'est répandu dans le monde entier, qui est désormais dominé par les ...

Seoul Station

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La nuit dernière, un incident, parti d'une petite émeute, s'est répandu dans le monde entier, qui est désormais dominé par les zombies.

Seoul Station – 6 Décembre 2016 – Sang-ho Yeon

Il y a un peu plus de trois semaines, le monde du cinéma perdait le grand George Romero et avec lui une certaine idée de la satire sociale que ses films de zombies pouvaient véhiculer. Un élément de plus en plus rare, que le genre semble oublier peu à peu. Sauf que l'an dernier, le film coréen « Dernier Train Pour Busan » est venu rappeler qu'on pouvait faire quelque chose de bien, avec une dose de fond non négligeable; cela même si je n'ai pas été personnellement conquis !

Et ce fond, on le retrouve dans « Seoul Station » qui est le troisième film d'animation de Sang-ho Yeon, après King of Pigs (2011) et The Fake (2013). Un film qui est devenu au gré de son développement le préquel de « Dernier Train pour Busan » !

L'histoire se passe de nuit, dans le quartier de la gare de Séoul. Un lieu ou la nuit rode les sans domiciles fixes et les différents laissés pour comptes de la société sud-coréenne. C'est là qu'une jeune fille, loin de chez elle, seule et complètement paniquée, se trouve face à un phénomène méconnu et violent, les sdf de la gare attaquent sans ménagement toute personne qui passe. Coincée par mégarde dans le quartier ou ça a commencé, elle va devoir lutter pour survivre, au coté d'un autre sans-abris, en espérant que son petit ami vienne la chercher …

Bref, loin du dynamisme de son premier long métrage en prise de vues réelles, Sang-ho Yeon étire son concept sur quatre vingt dix longues minutes ! Une déception à peine compensée par vingt dernières minutes intenses qui proposent un condensé de ce que le réalisateur à fait de mieux entre « Seoul Station » et « Dernier Train pour Busan ».

L'histoire est d'une simplicité à toute épreuve, voire un peu trop ! Elle s'articule autour de deux histoires; celle de Hye-Sun qui se retrouve à la merci des zombies dans le quartier de la gare et celle de son « père » avec le petit ami de sa fille. Toutes les deux se retrouvant à la fin, après avoir traversé diverses épreuves. Hélas le réalisateur ne se soucie guère de la dramaturgie de son film. Car la ou le « Dernier Train pour Busan » actionnait des leviers classiques (mais efficaces) pour créer de l'émotion, ici le réalisateur passe son temps à faire courir ses protagonistes d'un point A à un point B sans qu'il ne soit inquiété réellement. A partir de là, l'histoire stagne et on est jamais inquiet pour eux, ni stressé ou encore choqué. De plus les personnages sont si mal écrits qu'il est difficile d'avoir de l'empathie pour eux.

Paradoxalement, les vingt dernières minutes sont vraiment efficaces! Sang-ho Yeon va à l'essentiel, les gens démunis de la gare n'ont plus d'échappatoire, d'un coté des zombies, de l’autre des militaires qui ont l'ordre de les contenir, avec au milieu les trois personnages que l'on suit. La problématique est bien plus claire, le danger identifié et le ton totalement désespéré. Le réalisateur fait alors en vingt minutes ce qu'il ne sait pas faire pendant le reste du film, a savoir un film dur et stressant qui interroge sur une société qui ne prend plus soin des siens ! En résulte un long métrage complètement bancal, ou il ne se passe presque rien pendant plus d'une heure, avant que l'action et le frisson arrive pour de bon. Ce qui ne compense pas une avalanche de mauvais choix, dont une animation qui n'est pas toujours à la hauteur de l'enjeu. 


Ne dépasse pas le quai de la gare !


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