MERU de Jimmy Chin et Elizabeth Chai Vasarhelyi Depuis que j'ai vu ce documentaire je pense avoir commencé au moins dix fois c...

Meru

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MERU
de Jimmy Chin et Elizabeth Chai Vasarhelyi

Depuis que j'ai vu ce documentaire je pense avoir commencé au moins dix fois ce billet, tant il balaie des thèmes forts avec une facilité et une simplicité difficile à transcrire. Ce film a reçu le «audience documentary award Sundance film » l'année dernière et désormais ce sera l'un de mes grands regrets de ne pas l'avoir vu en salle. Il suit trois hommes tentant d'atteindre ce sommet de l'Himalaya indien par la shark's fin road, ce qui n'a jamais été fait. Enfin c'est ce que je peux en dire posément, car c'est beaucoup plus que ça.

Ce film est avant tout un petit trésor visuel. Jimmy Chin n'est pas que l'un des plus grands alpinistes de sa génération qui a réalisé plusieurs documentaire sur son art, il est aussi un des photographes de génie qui amènent jusqu'à nous ces images incroyables ou de simples hommes semblent défier les lois de la gravité, ainsi que des portraits qui en disent plus sur les personnes qu'il cadre que la majorité des bio de wikipedia. C'est comme cela que la première fois j'ai vu son travail. Et ce film c'est une photographie d'une beauté ravageuse. Comme l'image choisie pour l'affiche du film ne l'indique pas. Même dans les moments les plus difficiles il arrive a trouver un équilibre avec la lumière. Jamais même dans les scènes de nuits, ou dans les moments incroyables l'image n'est pas chouchoutée ou est de moindre qualité. Alors que leurs vies est en jeux le soin pris à filmer est toujours constant. Ce qui est une prouesse technique mais qui ne cache pas le sujet du documentaire. Trois hommes, une montagne à l'autre bout du monde, et un sommet jamais atteint.

Avec Jimmy Chin, il y a le légendaire Conrad Anker et le réalisateur, vecteur de beauté Renan Orzturk. Renan orzturk est celui dont je connaissais le plus le travail à base de documentaires, photos bellissimes, et peintures. Tous les trois trouvent rapidement un équilibre, entre amitié et relation de sensei et padawan avec toutes les limites de l'exercice. Mais plus encore l’exercice qui finalement va s'étendre sur plusieurs années devient un magnifique discours sur ce qu'est la vie comment on la dompte, et comment on l'affronte. Les coups durs, la mort, l'amour et ce qui fait de nous ce que l'on est. Oui car c'est vraiment une histoire d'hommes avant d’être une aventure et c'est en cela que ce qui aurait pu n’être qu'un joli documentaire prend une autre épaisseur, c'est un vrai discours galvanisant qui m'a fait flirter avec les larmes pendant une heure. Une vrai leçon de dépassement, de résilience, et d'amitié. Il m'est difficile de développer sans tout dévoiler, tant comme dans la vie tout est lié.

Il y a dans leurs volontés de partager leurs expériences, leurs dépassements quelque chose qui permet au spectateur d'avoir l'impression d’être leur d'Artagnan. Cependant nul besoin d’être un alpiniste pour suivre ce film. J'en suis la preuve vivante. Il y a une réelle facilité d’accès. Et toutes les choses un peu pointues sont expliquées ou mises en perspectives par un autre intervenant de manière douce n'enlevant rien au rythme du film.

Ce documentaire est un hymne à l'humanité et à la force que tout en chacun a en lui. Devant ces hommes qui poursuivent une chimère , pas forcement la leur, qui l'investissent et le transforment en leurs rêves, on ne peut être qu'admirative. Tout comme face à l’extrême générosité et abnégation de ces hommes face à la montagne et une leçon de courage et de passion qui laisseront longtemps une emprunte chez moi.

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