HEDI de Mohamed Ben Attia Le Festival International du film de Bordeaux ouvre sa cinquième édition aujourd'hui, et il l'ouvre ...

Hedi

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HEDI de Mohamed Ben Attia

Le Festival International du film de Bordeaux ouvre sa cinquième édition aujourd'hui, et il l'ouvre de jolie manière avec le film tunisien Hedi.

Hedi est un jeune homme de vingt cinq ans, il travaille dans un show room de Peugeot, mais la crise est partout et les gens n'ont pas les moyens de changer de voitures. Hedi n'est pas vraiment concerné par la crise. Il passe les briefings à dessiner. Il n'est pas concerné non plus par son mariage qui se prépare sans lui.

Car il est un homme en friche. Un peu à l'image de son pays. Il est coincé entre son passé, et un futur qui ne s'annonce pas à la hauteur. Il va se marier avec une femme qu'il fréquente depuis trois ans, mais leurs échanges se résument a des conversations sur leurs familles chastement assis dans une Peugeot, garée a quelques mètres de chez les parents de sa belle. Il ne s'occupe pas de ce mariage, mais il ne s'occupe pas de sa vie. C'est sa mère qui a la main mise sur son salaire et lui donne de l'argent pour qu'il puisse passer la semaine. Il est sous tutelle.

C'est un homme seul au milieu de la foule. Il est l'artiste chez les vrp. Cela passe par une photographie belle et sobre qui se cristallise sur lui. Il y a un plan marquant lors de la demande en mariage. Ou il est seul attablé à un café, avec une caméra qui le film de haut et de coté qui l'isole du monde. De la même manière les chambres ou il vit sont toujours trop grandes, trop vides, trop nues... elles sont à l'image de ses costumes démesurés pour lui. Il est isolé dans sa famille. Sa mère l'aime mal, l'étouffant en étalant sa préférence pour son frère. Frère expatrié qui promet sans réfléchir à ce que cela implique, qui juge la vie de son cadet mais qui n'est pas réellement présent pour lui.

Le changement vient d'une femme, qu'il rencontre au détour d'une mission de prospection dans une ville côtière désertée. une femme tatouée, sensuelle, dont les magnifiques bouclettes bougent avec elle. Une femme qui dès le départ lui explique que dessiner ne peut pas être un rêve pour lui, mais un projet. Cette femme sent la liberté. Elle l'incarne. Elle n'est jamais dans l'opposition franche. Elle n'est que logique et spontanéité. C'est au milieu de tout cela que Hedi devra choisir sa route, et faire ses choix.


Les deux acteurs principaux sont incroyables Majd Massoura qui incarne Hedi est multi facettes. Sa transformation, son cheminement, son évolution, ce qu'il pense se lit sur son corps, sur ses traits. Il est extraordinaire dans les moments ou il intériorise ses sentiments. Et la magnifique Rim qui est incarnée par Rym Ben, est exceptionnelle, son jeu est solaire, elle donne le supplément d’âme à ce film. En plus d’être une actrice extrêmement douée que j’espère revoir dans des rôles variés, elle est l'une des plus belles de sa génération.

Hedi et son film éponyme évoluent comme son pays. Il se cherche, tâtonne, et fini par choisir sa vie. Que l'on juge qu'il prend les bonnes décisions ou pas, il décide de les prendre et de vivre. C'est une œuvre vibrante et brillante qui témoigne de son époque, et qui questionne celui qui à la chance de la voir sur sa vie.


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