Pour un Hobbit qui ne voulait aucune aventure, ce bon vieux Bilbon Sacquet est étonnamment fringuant. Il a ainsi échappé à des Orcs, de...

Le Hobbit: la Désolation de Smaug

22:53:00 Inglourious Cinéma 8 Comments


Pour un Hobbit qui ne voulait aucune aventure, ce bon vieux Bilbon Sacquet est étonnamment fringuant. Il a ainsi échappé à des Orcs, des Trolls, des Gobelins, de Gollum ou encore a Azog le Profanateur pour finir dans les serres d'un Aigle Géant … 

L'histoire reprend donc à l'orée de la forée Noire ...

Nous revoilà un an après pour la suite de l'inattendu premier volet de la trilogie du Hobbit, un rituel que l'on avait perdu depuis le Seigneur des Anneaux, le mois de Décembre redevient un mois empreint de magie, d’émerveillement et d’évasion, que l'on aime les Nains, les Elfes ou les mages ou simplement les magnifiques paysages de Nouvelle-Zélande. Peter Jackson continue ainsi sa révolution technique et visuelle pour le second acte d'une histoire riche en intensité et rebondissement …

Si pendant un temps, nous avons tous cru perdre Thorin Oakenshield, la petit halte que les Aigles leur ont permis à remis les choses à plat. Thorin s'excuse de son comportement envers Bilbon et la compagnie se remet en marche en direction de Mirkwood (La Foret Noire), royaume des elfes sylvains et de leur Roi « Thranduil ». La compagnie ne peut hélas s'attarder, Azog est à leurs trousses et les talonnent de peu, ainsi qu' un Ours géant qui ne semble pas faire de distinction. C'est en catastrophe qu'ils trouvent refuge chez Béorn, un homme complexe qui à la capacité de se transformer en Ours. Une pause salutaire avant d'entamer une longue traversée, dans les tourments de la Foret Noire. Gandalf creuse quant a lui une autre piste, celle de Dol Guldur et de la présence d'une personne que tout le monde croyait en sommeil. Bilbon et les Nains ne s'enfoncent pas bien loin avant d’être pris dans des illusions et pour rien n'arranger les Araignées leurs tombent dessus. Bilbon dans un réflexe aussi prompt que salvateur, enfile l'anneau et leur échappe.

Bilbon téméraire et courageux n'est plus le même, il lui est impensable de laisser ses compagnons à une mort atroce. Munit de sa petite épée, il attaque les araignées, les déstabilise et il libère suffisamment de nains pour qu'ils se défendent, sauf que les Elfes Sylvains trainent par là. Une mauvaise nouvelle car nains et elfes ne s'entendent pas et que Legolas, fils de Thranduil est intraitable, les nains finissent dans les cachots de Thranduil. Mais rien n'est terminé tant que traîne le plus habile des cambrioleurs, c'est ainsi qu'au terme d'une poursuite en tonneaux des plus endiablées, ils finissent par arrivés à Esgaroth, leur dernière étape avant de reprendre leur royaume et de se confronter à Smaug …


Si mon point de vue, sur l’intérêt d'une trilogie n'a pas changé, il est bien de regarder les différents ajouts que l'équipe de scénaristes, composée de Peter Jackson, Fran Walsh, Guillermo Del Toro et Philippa Boyens à juger bon d’insérer dans le Hobbit.

Dans le premier, les ajouts sont assez minces. On assiste au Conseil Blanc, on apprend que quelque chose se trame à Dol Guldur ainsi que dans la foret noire, sauf que l'on sent bien la différence et que d'adapter le Hobbit après le Seigneur des Anneaux pose des problèmes pour connecter l'un à l'autre sans qu'il y est trop d'incohérences.

C'est ce qui était gênant dans le premier volet, car il ne semblait pas assumer son coté « Hobbit » ni son coté « Seigneur des Anneaux » mais au vu du second volet tous les doutes s'en vont, car ils font enfin de façon claire, et précise la liaison avec la trilogie déjà portée à l'écran. On a donc une homogénéité dans le ton employé entre l'histoire originale et les ajouts, c'est ainsi que l'arc narratif du Nécromancien n'est plus un cheveux sur la soupe mais bien une pirouette scénaristique réussie et crédible qui s'intègre à merveille avec le Hobbit.

Les pointilleux, forts en gueule qui ne comprennent pas le sens du mot adaptation pesteront sur l'ajout de Légolas ?!? ou la création de Tauriel ?!? La présence du premier n'est pas illogique, plusieurs sites supposent qu'il à entre 300 et 400 ans et le place directement aux cotés de son père à la même époque, tandis que la seconde apporte une présence féminine avec de la personnalité. Tout les deux accentuent alors l'implication des elfes dans l'histoire et leur intégration dans l'histoire se passe à merveille.

Ou encore sur les événements du Nécromancien qui se passent 90 ans avant que la compagnie de Thorin ne s'aventure de nouveau en Erebor ? Non car tout colle au final !!! Ce petit arrangement est la dose supplémentaire de noirceur, d'inquiétude, et de danger que le Hobbit n'a pas. Une liberté prise avec l’œuvre de J.R.R Tolkien vraiment judicieuse, cela ne dénature pas l'aventure d'origine. Cela rajoute de l'épaisseur aux personnages, plus d'enjeux ainsi qu'une tension dramatique qui va crescendo tout en multipliant les diverses connexions avec la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Bon c'est bien beau de dire que le scénario se tient, mais revenons au film, à l'image, aux nains, aux elfes et au Dragon. Peter Jackson continue de développer son histoire de façon intelligente, comme un bon élève à qui on aurait commandé une rédaction, il retrouve le rythme effréné que j'aime dans le livre. Un rythme soutenu ou l'on passe de Azog a Beorn avec aisance, ou encore d'une course effrénée a une évasion en tonneaux frénétique à la foret noire et au palais de Thranduil avec comme seul souci … De toujours nous distraire …

Peter Jackson, cet amoureux de la Terre du Milieu n’oublie personne en route, tous les personnages sont là, y compris les superbes paysages Néo-Zélandais. Le film démarre très vite et l'enchantement perpétuel reprend, la découverte de Béorn est splendide, le personnage est comme je l'espérais, farouche, bestial, versatile mais aussi serviable selon que son humeur soit bonne ou pas. Mirkwood/La Foret Noire est comme un labyrinthe, noire, glauque et étouffante, une atmosphère propice aux Araignées géantes, avident de nains mais qui craignent le couroux des Elfes. Le palais de Thranduil est majestueux, chaleureux et en harmonie avec la nature, un point commun partagé par les habitants d'Esgaroth, une cité refuge qui accueille les anciens de Dale. Pleins de petits endroits ou l'on peut apprécier le travail sur la photo, sur les divers maquillages comme sur les divers costumes que peuvent porter les acteurs.


Car le film contient trois immenses passages que l'on ne peut que vivre, tant ils sont intenses. Tout d'abord, on n'échappe pas a la fuite mythique de la compagnie en tonneaux que Peter Jackson à transformer en une poursuite Elfes/Nains/Orcs. Rien de moins que trois protagonistes, pour une chorégraphie de malade mental, tout est pensé de la meilleure des manières, c'est bien rythmé, monté et la mise en scène dépasse allègrement ce que l'on avait pus voir de l'univers Tolkien filmé au cinéma.

L'incursion de Gandalf dans Dol Guldur nous rappelle que l'horreur est l'une des spécialités de Peter Jackson. L'immersion de Gandalf est oppressante, stressante alors que la menace est là, celle du Nécromancien, une menace ancienne, puissante qui n'est autre que le seigneur des ténèbres en personne « Sauron ». L'effroi est saisissant, la peur dans les yeux de Gandalf aussi et puis cet œil, une vrai trouvaille visuelle …

Mais le clou du spectacle, le seul argument qui doit vous faire vous déplacer en salle si vous ne l'avez pas encore vu, a un nom court, évocateur et terrible. Je parle donc de « Smaug » le nouveau roi sous la montagne. Son œil nous à fait frémir à la fin du premier volet et le voilà devant nous, fruit d'un travail titanesque par les artistes de chez Weta, d'une performance capture de toute beauté ainsi qu'a l’interprétation machiavélique d'un Benedict Cumberbatch totalement investi. Smaug est un vrai dragon d'heroic fantasy, puissant, menaçant, fier et très intelligent. Un obstacle, une légende vivante qui met à mal les personnages principaux, leurs courages, leurs forces et leurs déterminations.

Une surdose d'actions qui ne nuit pas à l'histoire. La quête est toujours présente, elle est toujours aussi dangereuse et on sent que le trésor des nains agit comme l'anneau, Thorin n'en peut plus d'attendre, son orgueil et son avidité le ronge de plus en plus, le seigneur de Dale bave devant ce potentiel pactole mais le trésor révèle aussi le meilleur de chacun, comme l’opiniâtreté d'un Hobbit, ou la bonté d’âme d'un héritier déchu. Les enjeux sont de plus en plus forts, la tension ne cesse de grandir et à l'aube de la dernière ascension, tout le monde à quelque chose à perdre, la vie, son village ou son âme …

Une montée en puissance qui va finir en apothéose dans un troisième volet déjà tant attendu, à cause d'un cliffangher aussi parfait que frustrant


Martin Freeman n'est pas un hobbit, il est devenu le « Hobbit », le personnage attachant que l'on déracine de son quotidien, l'incarnation du rêve, de l'inattendu, de l'évasion et dans cet opus de la maturité. Bilbon se transforme en peu à peu en héros, chaque péripéties venant nourrir son expérience, son intellect et son affect pour ses compagnons. Une fois de plus Mr Freeman tape juste et le dernier acte sera son apothéose. Richard Armitage voit lui aussi son personnage changer, muer, non pas comme un simple chef, mais comme un roi qu'il peut être, avec hélas l'angoisse de tomber dans la folie, ronger par un goût de l'or qui fut fatal à ses aînés. Ian McKellen ne vieillit plus depuis qu'il joue Gandalf, alors que nous si, pourtant son personnage n'a jamais été aussi attachant ... Luke Evans enfile quant a lui une moumoute de bon goût pour incarner Barde, héritier des seigneurs de Dale, un personnage au grand cœur, fier, courageux et noble, que cela soit dans son attitude ou dans ses actes Luke Evans est convaincant. Aidan Turner et Orlando Bloom que nous connaissons sous le nom de Kili pour le premier et de Legolas pour le second sont les deux prétendants d'une jeune elfe; on découvre ainsi un Aidan Turner plus impliqué émotionnellement, plus sensible avec un charme insoupçonné pour un nain ; tandis qu'on découvre un nouveau Legolas, un prince, plein d'arrogance que Orlando Bloom s'approprie comme au premier jour. L'elfe dont je parlais plus haut est une création, Tauriel, chef de la garde du palais de Thranduil, une elfe jeune, insolente et brillante joué par Evangeline Lily; une touche de féminité subtile que l'actrice amène avec beaucoup de tact, qu'elle relâche dans des instants vraiment badass. Lee Pace finit l'année comme il a commencé, c'est à dire avec brio, il échange Spielberg pour Jackson et une couronne de Roi qui lui va comme un gant, Manu Bennett est toujours aussi impressionnant de puissance, de charisme et d'acharnement.

Avec ce second opus, la trilogie prend son envol et balaye tout les doutes d'un revers de nain pour filer tout droit vers un final épique ... 


LE HOBBIT: LA DÉSOLATION DE SMAUG
Réalisé par Peter Jackson
Sortie en salle le 11 Décembre 2013

Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l'anneau de pouvoir que possédait Gollum...



8 commentaires:

  1. Commentaire très riche, à la mesure de l'enthousiasme que suscite cette deuxième partie des aventures du Hobbit. Si je partage le même emballement sur bien des points (le dragon, les scènes d'action, etc..), je ne suis en revanche pas si convaincu par a nécessité d'inclure Legolas et la nouvelle venue Tauriel dans le jeu narratif. Leur passage à Laketown me semble largement superflu, les Nains me semblant suffisamment "grands" pour se débrouiller sans eux. Quant au Hobbit, tu as raison de dire que Freeman en fait une seconde nature (il sera désormais plus Baggins que Watson). Jackson esquisse également à travers son comportement quelques traits de malice et de noirceur, montrant l'influence grandissante de l'anneau, assombrissant l'image du personnage candide et innocent qu'il était au départ.

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    1. C'est surtout un commentaire mûrement réfléchis. Helas tout les passages que tu n'aime pas trop, ne sont pas mauvais, bien sur que voir Legolas ou Tauriel n'est pas spécialement nécésairee, sauf qu'ils agissent en tant que réel complément. Puis le passage à Laketown est indispensable, sinon la troisième partie n'existe plus.
      Sinon je suis content de l'évolution de l'histoire et des personnages puis ce dragon ...

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  2. J'ai beau en parler partout mais je ne l'ai toujours pas chroniqué sur Ciné Borat!lol Une grande réussite qui permet de continuer la trilogie sur de bons rails (ce que j'ai toujours pensé), accumulant les moments d'anthologie (la traque du dragon, le passage des araignées où l'on voit l'attachement de Bilbo envers l'anneau et surtout la scène des tonneaux qui est juste exceptionnelle) et l'HFR 3D est encore plus remarquable.

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    1. Ce qui est rare cher amis :)
      Et surtout entièrement d'accord avec tout ce que tu dis

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    2. Il faut dire que pour ces prochains jours je vais beaucoup parler animation donc, pas trop de place pour du Hobbit. En revanche il sera abordé dans mon top 2013 ou sinon mes coups de coeur de l'année.

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    3. J'imagine bien, c'est aussi la période

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  3. Joyeux noël à toi et ta compagne!

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