L’histoire débute le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Malgré leur enthousiasme, et avec l’absorption d’un nombre impressionnant de pintes de bière, ils ne parviennent pas à leur but, le dernier pub sur leur liste : The World’s End. Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King !The World's End - 28 Aout 2013 - Réalisé par Edgar Wright
Première chose, avant de commencer, j'ai un tout petit coup de gueule !!! A la sortie de Shaun of the Dead, Edgar Wright était peu connu, normal et je conçois aisément une mauvaise distribution. Ceci dit nous sommes en 2013, c'est devenu un réalisateur confirmé qui enchaîne les excellents films et son dernier est salué par la profession ... Alors pourquoi Universal s’entête à mal le promouvoir ??? C'est quelqu'un qui semble sympathique quand meme !!! Mais le sort s'acharne, la distribution est scandaleusement basse (environ 110 copies) idem au U.S.A, peu de V.O, la pub est peu présente et le titre français ? Une honte absolu, un scandale sans nom qui décrédibilise le film. Bref j'en ai marre de cette bande d'incompétents à l'imagination aussi peu fertile qu'un terrain vague ….
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| "Ma réaction lorsque j'ai appris le titre en français de "The World's End" |
Avant de parler de « The World's End », il est bon de revenir quelques années en arrière pour découvrir les origines de la « Blood and Ice Cream Trilogy ». C'est en 1999 lors du tournage de la série Spaced que la trilogie prend racine. Lors d'un épisode, le personnage de Simon Pegg se retrouve prisonnier de Resident Evil 2 dans lequel il combattait les zombies. Le plaisir fut tel que Edgar Wright et Simon Pegg décidèrent de se lancer dans un long-métrage sur les zombies. C'est ainsi qu'en 2005, on voyait débarquer le premier opus de la trilogie Cornetto, référence à la présence de cette marque de glace succulente à l'écran dans chaque films, le truculent Shaun of The Dead. Le film fut suivi d'Hot Fuzz en 2007 et du dernier nait « The World's End » six ans après …
Chaque films à son leitmotiv, sa signature, les zombies pour Shaun, l'action décérébrée pour Danny et enfin la fin du monde pour les cinq mousquetaires. Ces idées viennent de l'expérience commune des auteurs, de leurs passions et de leurs expériences … Le principe du dernier fut même discuté avant Shaun of the Dead. Le scénario s’appelait alors « Crawl » (Tournée) et s'inspirait en grande partie de la jeunesse de Edgar Wright car sa ville proposait le même genre de marathon, une odyssée qu'il n'a jamais réussi. Et le jour ou ils ont eu le temps de se poser pour écrire, « The World's End » allait être lancé …
Newton Haven, charmante petite bourgade anglaise qui respire l'authenticité. 1 poule pour 5 coqs au kilomètres, un lycée, un Shopi et 12 pubs, car il ne faut pas déconner, l'isolement, l'ennui et l'emmerdement chronique rendent alcoolique !!! Et pour le tourisme c'est un argument de choix « The Golden Miles, 12 Pubs, 12 Pints », circuit touristique incontournable, aussi bien pour les gens de passage que pour une bande de 5 copains, fraîchement sortis du lycée avec l'envie de croquer la vie. Gary The King et sa bande font ce mythique parcours, mais l'obstacle est grand, insurmontable pour arriver au bout. Ils tombent comme des mouches, pour finir défoncés sur une colline surplombant la ville.
Le temps passe et le groupe d'amis se perd de vue, chacun fait sa vie, a une petite vie tranquille, sauf Gary King !!! Cet éternel adolescent à l'équilibre précaire vit avec le souvenir d'un age qu'il n'a plus, seul vrai souvenir qu'il le fait se sentir bien et échapper a ses soucis. Pourtant il a qu'une seule envie !!! Réunir ses copains et réussir le Golden Miles. Une mission assez ardue en apparence, car il s’aperçoit qu'ils ont changés, mais après d'habiles paroles ; revoilà Gary King, Andy, Steven, Oliver et Peter au fond du monde pour un parcours houblonné. Une fois sur place, les souvenirs refont surface, la bande se revoit vingt ans en arrière quand au détour du premier pub, le présent les rattrape. Les pubs ont changé, personne ne les reconnaît et les gens semblent être aussi peu avenants que moi un jour de fin du monde. Trés vite, cette légère impression de « bizarre » tourne à la paranoia envers des « fauxbots » « nobots » … Une seule solution, continuer le « Golden Miles » en espérant passer inaperçus … Enfin je crois …
Alors que le film finit, que je demande à Cécile son avis, je n'ai eu qu'une seule envie … Revoir le film !!! Je vous laisse alors deviner à quel point j'ai été conquis. « The World's End » n'est pas juste un excellent film, c'est surtout « la» conclusion parfaite à une trilogie de qualité. Fort de leur culture de geek, les deux scénaristes Simon Pegg et Edgar Wright ont déjà passé a la moulinette les films de zombie, ainsi que les films d'action comme Bad Boys 2 tout en y ajoutant les petites références qui font mouche et une touche so british vraiment bonne. Bien que le pitch de départ semble d'une simplicité désarmante, les deux auteurs y glissent subtilement tout les thèmes abordés précédemment, l'amitié, la nostalgie, le passage à l'age adulte et aussi le fait de se conformer à une norme !!! Des thèmes transcendés par l'histoire et cette bande de copain, chacun garde ses traumas d'écoles une fois grand, malgré un bien être de façade et le Golden Miles va les réveiller, leurs donner un second souffle tout en réglant les histoires laissées en plan. C'est ainsi que la maturité les rattrapes car entre deux pintes, deux pubs, les personnages évoluent et ce projettent non plus sur leurs individualités mais sur le sort du monde, on est surpris, on rit de bon cœur, on à la gorge nouée et surtout le gosier sec.

Le film baigne tellement dans la bière, que les influences S.F remontent toutes seules. Alors que Edgar Wright livre une introduction en simili-super 8 hilarante. Donnant ainsi le ton et l'ambiance du film qui va plonger rapidement dans la comédie S.F d'action. Picorant principalement dans L’invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel), le film se nourrit aussi bien de son intrigue principale que de la paranoïa latente que Wright instille rapidement dans l'esprit de ses personnages.
Rapidement le sérieux de cette réunion est contrebalancé par le montage dynamique de Wright, chaque scène étant bien écrite, les dialogues fusent, éclatent et s'entrechoquent d'une façon rare. Tout les jeux de mots et les calembours possibles sont passé et le timing est impeccable !!! Ajoutons à cela un rythme endiablé, les scènes de combats aussi nombreuses que variées, sont justes excellentes et permettent a Edgar Wright de montrer son talent. Une bagarre de bar dans les W.C à base de catch, avec les prises de The Rock comme clin d'oeil (People Elbow's, Rock Bottom) et on sent les acteurs qui prennent un plaisir fou à dégommer du robots à sang bleu.

Le film offre un plaisir constant, jusqu'au final hilarant qu'un Doctor n'aurait pas renié … Il ne manquait plus qu'un mot sur un casting de choix, un casting d'amis qui fait la part belle au anciens de la trilogie. Simon « The Gary King » Pegg livre une de ses meilleures prestations, car sous une euphorie assumée, Simon Pegg arrive à nous toucher, à nous émouvoir tout en gardant cette verve habituelle ; son habituel comparse Nick Frost devient plus sérieux, plus grave et pourtant il ne lâchera pas son pote, quitte à redevenir un Lion !!! Paddy Considine que l'on à pu voir dans Hot Fuzz, Blitz où derrière la caméra pour Tyrannosaur , détonne en don juan un brin dandy, Martin Freeman dit le Hobbit traîne son incomparable bonhommie avec l'élégance d'un lord anglais tandis que Eddie Marsan se découvre un talent des plus comiques, de toutes la bande, ce fut lui le plus étonnant. On apprécie aussi la présence de la sympathique Rosamund Pike, aussi piquante qu'étonnante et drôle, la bande de jeunes acteurs qui joue les cinq mousquetaires jeunes sont tous assez bons et la séance d'imitations et de mimes avec leurs aînés ont fini de rendre crédibles, les Thomas Law, Zachary Bailess, Jasper Levine, James Tarpez et Luke Bromley. On retrouve aussi David Bradley, Rafe Spall, Julia Deakin, Patricia Franklin où encore les élégants et hilarants Pierce Brosnan et Bill Nighy.
Une conclusion explosive à la plus givré des trilogies ...
"The World's End" est le film de cette fin d'été !!!
Mais c'est aussi, l'un des meilleurs films que j'ai vu cet année au cinéma ...




