The World's End

by - septembre 01, 2013



L’histoire débute le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Malgré leur enthousiasme, et avec l’absorption d’un nombre impressionnant de pintes de bière, ils ne parviennent pas à leur but, le dernier pub sur leur liste : The World’s End. Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King ! 
The World's End - 28 Aout 2013 - Réalisé par Edgar Wright

Première chose, avant de commencer, j'ai un tout petit coup de gueule !!! A la sortie de Shaun of the Dead, Edgar Wright était peu connu, normal et je conçois aisément une mauvaise distribution. Ceci dit nous sommes en 2013, c'est devenu un réalisateur confirmé qui enchaîne les excellents films et son dernier est salué par la profession ... Alors pourquoi Universal s’entête à mal le promouvoir ??? C'est quelqu'un qui semble sympathique quand meme !!! Mais le sort s'acharne, la distribution est scandaleusement basse (environ 110 copies) idem au U.S.A, peu de V.O, la pub est peu présente et le titre français ? Une honte absolu, un scandale sans nom qui décrédibilise le film. Bref j'en ai marre de cette bande d'incompétents à l'imagination aussi peu fertile qu'un terrain vague ….
"Ma réaction lorsque j'ai appris le titre en français de "The World's End"
Mon coup de gueule étant passer « Let's do This ». L'été est sur le point de s'achever, on va ainsi tirer le rideau sur une saison estivale, riche en blockbusters. Pour ma part, j'en ai zappé beaucoup, Wolverine, Lone Ranger où encore World War Z, car je n'attendais que trois films véritablement ; Pacific Rim, Elysium et The World's End. Le premier m'a vraiment plus, le second ne fut pas la claque tant attendue et le troisième ??? Il éclipse tout simplement les deux cités précédemment.

Avant de parler de « The World's End », il est bon de revenir quelques années en arrière pour découvrir les origines de la « Blood and Ice Cream Trilogy ». C'est en 1999 lors du tournage de la série Spaced que la trilogie prend racine. Lors d'un épisode, le personnage de Simon Pegg se retrouve prisonnier de Resident Evil 2 dans lequel il combattait les zombies. Le plaisir fut tel que Edgar Wright et Simon Pegg décidèrent de se lancer dans un long-métrage sur les zombies. C'est ainsi qu'en 2005, on voyait débarquer le premier opus de la trilogie Cornetto, référence à la présence de cette marque de glace succulente à l'écran dans chaque films, le truculent Shaun of The Dead. Le film fut suivi d'Hot Fuzz en 2007 et du dernier nait « The World's End » six ans après …

Chaque films à son leitmotiv, sa signature, les zombies pour Shaun, l'action décérébrée pour Danny et enfin la fin du monde pour les cinq mousquetaires. Ces idées viennent de l'expérience commune des auteurs, de leurs passions et de leurs expériences … Le principe du dernier fut même discuté avant Shaun of the Dead. Le scénario s’appelait alors « Crawl » (Tournée) et s'inspirait en grande partie de la jeunesse de Edgar Wright car sa ville proposait le même genre de marathon, une odyssée qu'il n'a jamais réussi. Et le jour ou ils ont eu le temps de se poser pour écrire, « The World's End » allait être lancé …


Newton Haven, charmante petite bourgade anglaise qui respire l'authenticité. 1 poule pour 5 coqs au kilomètres, un lycée, un Shopi et 12 pubs, car il ne faut pas déconner, l'isolement, l'ennui et l'emmerdement chronique rendent alcoolique !!! Et pour le tourisme c'est un argument de choix « The Golden Miles, 12 Pubs, 12 Pints », circuit touristique incontournable, aussi bien pour les gens de passage que pour une bande de 5 copains, fraîchement sortis du lycée avec l'envie de croquer la vie. Gary The King et sa bande font ce mythique parcours, mais l'obstacle est grand, insurmontable pour arriver au bout. Ils tombent comme des mouches, pour finir défoncés sur une colline surplombant la ville.

Le temps passe et le groupe d'amis se perd de vue, chacun fait sa vie, a une petite vie tranquille, sauf Gary King !!! Cet éternel adolescent à l'équilibre précaire vit avec le souvenir d'un age qu'il n'a plus, seul vrai souvenir qu'il le fait se sentir bien et échapper a ses soucis. Pourtant il a qu'une seule envie !!! Réunir ses copains et réussir le Golden Miles. Une mission assez ardue en apparence, car il s’aperçoit qu'ils ont changés, mais après d'habiles paroles ; revoilà Gary King, Andy, Steven, Oliver et Peter au fond du monde pour un parcours houblonné. Une fois sur place, les souvenirs refont surface, la bande se revoit vingt ans en arrière quand au détour du premier pub, le présent les rattrape. Les pubs ont changé, personne ne les reconnaît et les gens semblent être aussi peu avenants que moi un jour de fin du monde. Trés vite, cette légère impression de « bizarre » tourne à la paranoia envers des « fauxbots » « nobots » … Une seule solution, continuer le « Golden Miles » en espérant passer inaperçus … Enfin je crois …

Alors que le film finit, que je demande à Cécile son avis, je n'ai eu qu'une seule envie … Revoir le film !!! Je vous laisse alors deviner à quel point j'ai été conquis. « The World's End » n'est pas juste un excellent film, c'est surtout « la» conclusion parfaite à une trilogie de qualité. Fort de leur culture de geek, les deux scénaristes Simon Pegg et Edgar Wright ont déjà passé a la moulinette les films de zombie, ainsi que les films d'action comme Bad Boys 2 tout en y ajoutant les petites références qui font mouche et une touche so british vraiment bonne. Bien que le pitch de départ semble d'une simplicité désarmante, les deux auteurs y glissent subtilement tout les thèmes abordés précédemment, l'amitié, la nostalgie, le passage à l'age adulte et aussi le fait de se conformer à une norme !!! Des thèmes transcendés par l'histoire et cette bande de copain, chacun garde ses traumas d'écoles une fois grand, malgré un bien être de façade et le Golden Miles va les réveiller, leurs donner un second souffle tout en réglant les histoires laissées en plan. C'est ainsi que la maturité les rattrapes car entre deux pintes, deux pubs, les personnages évoluent et ce projettent non plus sur leurs individualités mais sur le sort du monde, on est surpris, on rit de bon cœur, on à la gorge nouée et surtout le gosier sec.


Le film baigne tellement dans la bière, que les influences S.F remontent toutes seules. Alors que Edgar Wright livre une introduction en simili-super 8 hilarante. Donnant ainsi le ton et l'ambiance du film qui va plonger rapidement dans la comédie S.F d'action. Picorant principalement dans L’invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel), le film se nourrit aussi bien de son intrigue principale que de la paranoïa latente que Wright instille rapidement dans l'esprit de ses personnages.

Rapidement le sérieux de cette réunion est contrebalancé par le montage dynamique de Wright, chaque scène étant bien écrite, les dialogues fusent, éclatent et s'entrechoquent d'une façon rare. Tout les jeux de mots et les calembours possibles sont passé et le timing est impeccable !!! Ajoutons à cela un rythme endiablé, les scènes de combats aussi nombreuses que variées, sont justes excellentes et permettent a Edgar Wright de montrer son talent. Une bagarre de bar dans les W.C à base de catch, avec les prises de The Rock comme clin d'oeil (People Elbow's, Rock Bottom) et on sent les acteurs qui prennent un plaisir fou à dégommer du robots à sang bleu.


Entraîner par un gars de la bande à Jackie Chan (Brad Allan), les acteurs font preuve d'une certaine aisance et Wright fan de « Drunken Master » rend ainsi hommage à l'une des boxes les plus ciné-géniques du monde, Simon Pegg sautant et virevoltant avec une mousse à la main pour dégommer des robots inspirés par les jouets de leurs enfances. Le travail sur les effets visuels sont stupéfiants, mélange de modernité et de méthodes old-school, entre effets numériques, animatronics ou encore des maquillages de qualité. Edgar Wright retrouve aussi après Scott Pilgrim, le compositeur Steven Price qui compose une b.o au refrain vintage, à base de The Doors, Soup Dragons, Silver Bullet … qui s’accommode à merveille avec les vapeurs d'houblons du film.

Le film offre un plaisir constant, jusqu'au final hilarant qu'un Doctor n'aurait pas renié … Il ne manquait plus qu'un mot sur un casting de choix, un casting d'amis qui fait la part belle au anciens de la trilogie. Simon « The Gary King » Pegg livre une de ses meilleures prestations, car sous une euphorie assumée, Simon Pegg arrive à nous toucher, à nous émouvoir tout en gardant cette verve habituelle ; son habituel comparse Nick Frost devient plus sérieux, plus grave et pourtant il ne lâchera pas son pote, quitte à redevenir un Lion !!! Paddy Considine que l'on à pu voir dans Hot Fuzz, Blitz où derrière la caméra pour Tyrannosaur , détonne en don juan un brin dandy, Martin Freeman dit le Hobbit traîne son incomparable bonhommie avec l'élégance d'un lord anglais tandis que Eddie Marsan se découvre un talent des plus comiques, de toutes la bande, ce fut lui le plus étonnant. On apprécie aussi la présence de la sympathique Rosamund Pike, aussi piquante qu'étonnante et drôle, la bande de jeunes acteurs qui joue les cinq mousquetaires jeunes sont tous assez bons et la séance d'imitations et de mimes avec leurs aînés ont fini de rendre crédibles, les Thomas Law, Zachary Bailess, Jasper Levine, James Tarpez et Luke Bromley. On retrouve aussi David Bradley, Rafe Spall, Julia Deakin, Patricia Franklin où encore les élégants et hilarants Pierce Brosnan et Bill Nighy.

Une conclusion explosive à la plus givré des trilogies ...

"The World's End" est le film de cette fin d'été !!!

Mais c'est aussi, l'un des meilleurs films que j'ai vu cet année au cinéma ...


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16 commentaires

  1. Décidemment, je ne suis pas prêt de voir un film d'Edgar Wright au cinéma avant Ant man. Mon cinéma ne le diffuse pas et comble diffuse à la place la merde des One direction et surtout L'aube rouge. Un film qui date de 5 ans, qui est considéré comme une immense purge, un remake d'un film déjà douteux, dézingué par à peu près tout le monde et disponible ici: http://www.youtube.com/watch?v=_wPQ8cOPUww D'autant que mon cinéma a mis l'affiche du film de Wright dans l'intérieur!

    Donc j'ai du mal à comprendre la décision de mon cinéma qui consiste à montrer un film qui est disponible ultra-facilement sur youtube (il m'a juste fallu écrire Red dawn film entier) au profit d'une nouveauté qu'à peu près tout homme civilisé aurait préféré voir. A la place j'ai vu le sympathique Red 2.

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    1. Je me doutais que tu ne l'aurais pas à l'affiche. Mais la distrib est calamiteuse partout, même des grandes villes ne sont pas bien fournis. Mais que veut tu, le film est mal vendu ...

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    2. Non et je ne trouve pas le titre français si mal choisi. Plus long mais cela évite la concurrence avec This is the end qui sort dans un mois. Mais j'avoue que je ne comprends pas la distribution de ce film dans si peu de salles. Les acteurs sont connus (la plupart de mes copains connaissent au moins Shaun of the dead) et Edgar Wright a gagné ses lettres de noblesse. En plus en dehors de Red 2 (et encore) et des hystériques allant voir les One direction (pas de quoi non plus faire 3 millions hein?), ce n'est pas non plus la cohue. Mais le pire étant que 101 salles diffusent la merde des 1D et que Metropolitan ose foutre 136 copies d'un film dispo sur youtube! Ce n'est pas comme si je parlais de sites de streaming, je parle quand même de youtube. Je ne comprends pas en plus d'avec un tel flop aux USA que Metropolitan n'a pas plutôt opté pour le DTV à la place de perdre de l'argent avec une bouse pareille.

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    3. Je suis désolé mais le titre français fait navet français !!!
      Et personellement si je ne connaissais pas, je n'y serais pas aller !!! Ensuite la distribution, je suis on ne peut plus d'accord.

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    4. Franchement on est très loin de titres de films de Max Pecas faut pas déconner non plus. En plus c'est raccord avec le film.

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    5. Je parle des navets de maintenant !!!
      Le titre est naze c'est tout ...
      Pourquoi l'avoir changer ?
      Ils n'ont pas francisé Hot Fuzz et Shaun of the Dead
      Alors pourquoi ici le changer ???
      C'est juste stupide

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    6. Je pense que c'est pour éviter la confusion avec This is the end qui sortira le mois prochain. Vu les deux pitchs similaires mais pas trop, il faut éviter la confusion comme La chute de la maison blanche et White house down qui veulent dire la même chose!

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    7. On pourra chipoter longtemps, mais au final, la distrib et la promo du film ont été massacré !!!

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    8. Pourtant il y a eu les affiches assez rapidement, mais je crois que le film a été diffusé si bassement à cause des grosses sorties. Universal a eu peur de se ramasser. Sauf que bon avec Red 2, fallait pas non plus s'attendre à avoir mal au cul niveau chiffres, le reste étant des films sortis avant.

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    9. Rapidement moyen je trouve, j'ai chercher longtempps avant de voir une affiche sur Bordeaux, mais bon c'est le genre de film que le public ne comprends pas encore

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    10. Moi c'est comme d'hab. Mon cinéma met l'affiche mais ne le diffuse pas! C'est arrivé plus d'une fois. Le pire c'est quand tu dois justifier à tes copains que le film ne passe pas et qu'ils te demandent pourquoi. Le pire étant qu'en dehors du manque de salles et dire quels films sont privilégiés tu n'as pas de réponse.

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    11. Ce sont des choix ^^
      Par exemple j'ai deux CGR pas loin et bien l'un a The World's End et l'autre pas ^^
      Sinon j'ai pas a me plaindre

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  2. La vrai réaction de fred lorsqu'il a su le titre français de The World's End
    http://cecile-ccl.tumblr.com/post/58000704214

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  3. La distribution française du film par Universal est à chier, il ne passe pas près de chez moi avant octobre, fuck it :(

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    1. Ouai désastreuse est le mot et je nous estime chanceux à bordeaux de l'avoir dans 2 cinémas

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