Je n'ai jamais caché ma sympathie pour le cinéma de Michael Bay avec évidemment quelques réserves. Notamment sur une saga en trois actes qui compilent tout ce que je n'aime pas chez lui. Trois films qui m'avait éloigné du bonhomme, pourtant la curiosité m'a poussé à jeter un œil sur son dernier film. Un film en marge de sa saga débilo-regressive, sans trop d'explosions et surtout sans robots. Un budget moindre, une histoire vrai, des stéroïdes et l'égo de Michael Bay pour « No Pain, No Gain ».
Avant de ce voir affublé de tout les titres possibles, de « Coup Musclé» au Quebec à « Big and Bad » où encore « No Pain no Gain », les scénaristes Markus et McFeely ont flairé la bonne histoire en lisant des articles du Miami New Times et l'histoire du Sun Gym Gang !!! Un gang que personne n'aurait vu venir. Daniel Lugo n'a que la gym et le fitness pour lui, il n'y a rien de plus important à ses yeux que de maximiser son potentiel. Malgré une intelligence assez relative, il devient entraîneur en chef d'un club de fitness et esquisse l'espoir de vivre la grande vie, sauf qu’être coach ne rapporte pas assez !!! Un jour, après un colloque sur la motivation avec Johnny Wu, il lui vient la révélation ultime, il va kidnapper quelqu'un pour le voler et récupérer ainsi tout l'argent. Son choix se porte sur Victor Kershaw, un riche propriétaire à la langue bien pendue. Pour réussir dans son entreprise, il compte sur l'aide de deux amis, Adrian Dorbal et Paul Doyle qui vont suivre toutes les directives de Lugo, un plan en trois doigts qui va leurs rapportaient bien des ennuis.
Michael Bay signe ici l'un de ses meilleurs films depuis plus de 15 ans, un film qui pourra je pense convaincre les plus sceptiques. Première chose qui convainc, c'est que ce film a un vrai message, une vrai portée. Michael Bay égratigne son Amérique chérie avec l'histoire de ces 3 mecs. Une façon démesuré de montrer que l'Amerique fabrique ses propres démons, le personnage de Lugo en est l'exacte démonstration par exemple, lui qui ne jure que sur le physique … Et ses potes explosent aussi leurs capitals connerie, en stéroïdes, en cokes, en putes avec comme seule idée de devenir riche ; renforcée par toute une culture pop qui glorifie des mafieux cubains (Scarface), des mafieux (Le Parrain) tout court où des gens d'en bas (Rocky ….) donnant ainsi comme direction tout et son contraires. Une confusion qui entraîne des histoires comme celle du Sun Gym Gang et surtout comme seule l'Amérique est capable d'en créer.
Passons sur ce fond détonnant pour nous concentrer sur le reste. On aurait tendance à l'oublier mais Michael Bay sait raconter une histoire, quand il en a envie … Comme dans toutes les histoires de ce genre, la progression de l'intrigue est classique, présentation des personnages, de l'intrigue puis on passe de l'ascension à la descente en enfer de façon progressive et maîtrise. S'appuyant sur son histoire, il met en scène une comédie noire, lorgnant sur les Coen pour le coté absurde et surréaliste de l'histoire que l'on entend mais aussi un peu chez Tarantino pour la violence, tout cela avec l’excès et la générosité de Michael. C'est à dire qu'il n'a pas la finesse des deux cités précédemment, pourtant la réalisation habituelle de Bay sied à merveille au film, on ressent son coté clippeur, la photo est bien travaillée, il use de couleur assez flashy tout en gardant une teinte saturée. C'est généreux, excessif, jusqu'au boutiste dans sa façon de réaliser, usant de ralentis, de caméra à l'épaule, mais aussi de voix-off qui apporte un plus humoristique indéniable, d'une bande son éclectique et d'acteurs vraiment au top !!!
Le casting du film est vraiment très « bon », alors que l'on ne les attendait pas à ce niveau la. Tout d'abord le trio mis en avant dans la promo est un mélange d'acteur confirmé et en devenir. Mark Wahlberg incarne le chef de bande, le mâle dominant en la personne de Daniel Lugo et on peut dire que pour cela, Mark Wahlberg c'est donné et a pris une masse considérable, un résultat important pour être crédible et il l'est. Comme Anthony Mackie, complètement transformé, son personnage est aussi naïf que dangereux et sa propension à suivre aveuglément Lugo ne l'aide pas. La grande surprise du film vient de l'excellent Dwayne Johnson, extravagant, drôle, touchant, une performance de choix pour un personnage aussi complexe qu'attachant qui n'hésite pas à faire preuve d'humanité, entre deux rails de coke. Un trio qui est bien accompagné avec Tony Shalhoub dit le Monk, un rôle hilarant où encore le vétéran Ed Harris qui pose un regard halluciné sur les faits qu'il découvre ...
Il ne plaira pas à tout le monde c'est certain ... Pour les autres c'est certainement ce que Bay a fait de mieux depuis longtemps ....
PAIN & GAIN
Réalisé par Michael Bay
Sortie en salle le 11 Septembre 2013
À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux. NO PAIN NO GAIN s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.








