Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain

by - août 03, 2018

"Poster par Ise Ananphada"

LE FABULEUX DESTIN D'AMELIE POULAIN
de Jean-Pierre Jeunet

Film français du début des années 2000, le fabuleux destin d’Amélie poulain est devenu un des succès les plus marquants du cinéma français de cette époque. Je garde un souvenir fort des premières fois où je l'ai découvert, mais aussi de ce qui se passait autour de ce film, une espèce de vague de bienveillance. Je n'avais pas envie de revoir ce film, depuis plus de huit ans le key maker de ce blog évitant de le voir, je n'ai eu qu'à rester dans son sillage. Mais la sortie de son créateur au moment des oscars, et la propension de certains de voir de l'Amélie dans Elisa a attisé la curiosité du key maker et une semaine après avoir revu the shape of water nous nous sommes installés devant le fabuleux destin....

Amélie travaille dans un café. Un jour alors qu'elle est chez elle, un joli bouchon tout rond d'un cosmétique tombe, roule, et lui fait découvrir le coffre aux trésors d'un enfant qui doit avoir l'age de son père aujourd'hui. Elle décide de chercher son propriétaire et de lui rendre. Si ça lui fait plaisir, elle s'occupera un peu plus de la vie des autres.
Avant tout, ce film reprend tout ce qui fait le cinéma de Jean pierre Jeunet. Des tons et des couleurs dominantes, vert, rouges, dorées avec ce qui semble être un travail sur les décors et l'étalonnage pour la majorité du film, et l'utilisation de filtres à des moments très précis. Tout cela créant un univers presque graphique.
Comme dans la majorité des films que j'ai vu de ce réalisateur, il y a un nombre importants de plans fixes. Ce qui créé de jolis cadres bien étudiés qui souvent peuvent rappeler ceux des romans graphiques. Le plus connu étant celui où Amélie rentre chez son père et la caméra posée au plus près du sol filme juste ses pieds et ses jambes.
Cette manière de filmer est ponctuée par ce qui est devenu la marque de fabrique de jp jeunet, l'utilisation de la courte focale pour filmer des visages ou des objets. 
Ce qui ici, colle tellement bien avec l'univers du film, que moi je rapproche du conte. Avec une héroïne, qui va accomplir des missions, pour aller vers un seul but s'ouvrir aux autres et se heurter à la vie. Le tout dans un univers fantasmé, une butte de Montmartre très peu cosmopolite, à l'éclairage chatoyant et apaisant. Et avec des personnages hauts
en couleurs, une ancienne écuyère à Médrano, un homme aux os de verre... cette galerie de personnes de caractère qui permettent au cinéaste de faire une place à certains de ces acteurs fétiches comme rufus, tiky holgado ou encore Serge Merlin. Notre héroïne avec semble être une «girl next door», et tout sauf une fille toute simple. Elle a un coté très princier avec par exemple un dress code qui est dans l'air du temps, sans pour autant être celui de tout à chacun, et le film la renvoie régulièrement à la vie de LadyDi. 
Jean Pierre Jeunet dit lui que c'est plus proche d'un poésie de Prévert, j'aime tellement ce poète que quiconque se revendique de lui, peut avoir mon oreille, et ma bienveillance.
Et la bienveillance est ce que prône ce film qui est un film feel good par excellence. Il commence par déterminer qui est le méchant, méchant mais pas trop cruel quand même. Juste un tyran du quotidien. Pour le reste c'est juste des petites choses de tous les jours, des petits gestes humains dans lesquels on peut tous se retrouver. 

Et cette aptitude à se retrouver dans ces personnages au combien positifs et une des clés de son succès, je vous conseille d'aller lire les nombreuses analyses de ce film, ou des psy se penchent sur la réussite de ce long métrage et ce que cela dit de nous et de notre fonctionnement. Comme je ne ferai que répéter moins bien ce qu'ils disent, et que je le ferai moins bien, je préfère ne pas me lancer sur le sujet!
Je terminerai par ce qui a sauté aux yeux du key maker de ce blog, c'est les ponts entre le cinéma de wong kar wai, et amélie poulain. L'exemple le plus marquant étant les scènes de fin des anges déchus,et du fabuleux destin. J'avais adoré ce film, et si lorsqu'on la revu mes sentiments furent intacts, j'avoue que maintenant que j'écris dessus et que j'y repense, ce n'est pas tout à fait la même chose. Déjà car ce film a vieilli.

A l'époque il parlait déjà d'un temps qui n'existait pas ou plus, les francs, l'accordéon, les cabines téléphoniques, ce style de photomaton, le spectateur était un espace temps comme suspendu. Aujourd'hui cette période est si lointaine, que cet univers qui ne collait pas à sa réalité a perdu tout réalisme. Il tient presque du conte de fée avec sa dose de surnaturel. Et son message perd de sa force, il ne s'ancre plus nulle part. Il est une bulle de savon qui une fois éclatée laisse un souvenir de légèreté et de transparence mais rien de plus. Ce film est un joli moment, et c'est déjà ça !

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