Out of Africa

by - janvier 25, 2018



OUT OF AFRICA
de Sydney Pollack


On a tous dans nos bagages un film qui vous ramène à votre enfance. Pour moi celui ci me ramène à une petite maison et sur un tapis ou j'étais couchée, à plat ventre en train de découvrir les films sur la télé familiale. Celui-ci m'a fait rencontrer Robert Redford (nice to meet you....) ; meryl streep, et a été le premier et même le seul film de ce type épopée que j'ai gardé dans mon cœur. J'ai le dvd depuis des années, avant même que l'on s'installe ensemble avec le gardien des clés du blog. Mais j'avais peur de le regarder, peur que ce film que j'avais peut-être vu deux ou trois fois ne me plaise plus. Cette peur n'était que grandissante tant que l'exercice qu'est de bloguer peut nous faire évoluer. C'est arté qui a explosé mes craintes en diffusant le film.


«J'avais une ferme en Afrique au pied des collines du Ngong....»
c'est sur ces mots que commence le roman de Karen Blixen, la ferme africaine, sur lequel s'appuie le scénario. Elle y présente sous un pseudo masculin, les personnages qui ont marqué sa vie pendant qu'elle exploitait une plantation de café avec l'aide des kikuyus
C'est sur ces mots que commence le film. Il raconte dix sept ans de la vie de Karen Blixen. Du moment où elle décide de se marier avec le frère jumeaux de son amoureux, à celui où elle partit d'Afrique.
Ce long métrage est une fresque. Elle se sert des ressors d'un biopic, pour nous raconter une histoire d'amour qui fera d'elle la femme qui écrira trois ans après Sept comptes gothiques qui lui amènera succès et reconnaissance puis enfin la ferme africaine.
C'est aussi un témoignage sur ce qu'était cette Afrique coloniale au moment M. Si je parlerai plus tard de ce qu'il nous dit de la politique du moment voire de la société. Je dois m’arrêter sur l'un des points forts du film. La manière dont le réalisateur filme les décors. Quelque soit le moment il arrive à retranscrire à l'image ce que notre héroïne ressent pour ce pays. On ressent son magnétisme, on est fasciné par sa beauté, on fait un baptême de l'air très particulier avec elle. Lorsqu'elle se lave les cheveux ce sont nos yeux que le shampoing pique.
La photographie sous la tutelle de David Watkin est spectaculaire. Car le spectateur sent que ce film a été tourné en pellicule ( 70 et 35 mm), on sent le grain la saturation qui n'est plus celle dont on a l'habitude. Mais ça reste spectaculaire, la scène de safari reste pour moi l'une des plus belle. Avec l'un des moments les plus romantiques que j'ai vu. Si je devais le qualifier ce film je dirai c'est beau et majestueux.
L'histoire et le rythme est absolument parfait, il est réglé comme un métronome. Il n'y a pas un temps mort sur deux heures trente. Il y a toujours quelque chose qui se passe et fait avancer le récit et la personne. Car cette histoire raconte l'évolution d'une femme, et témoigne de la place des femmes dans la société. De ces lieux ou les hommes se regroupent pour boire un verre et où les femmes sont interdites; de ces mariages sans amours juste là pour ne pas subir la destinée d'une « vieille fille» et pour amener une dote à un époux, de l'importance du bien recevoir avec porcelaine et cristal même au milieu de l’Afrique. Une société ou l'on fait la guerre tout en mettant les femmes sur le coté, rangées dans un coin. Cette femme qui créa une école pour les kikuyus, a elle qui mendia au gouverneur une terre pour eux. Une femme qui se remettra de la fin d'un amour, de la fin d'une vie qu'elle aimait, et la perte de plein de choses et qui trouvera la force en elle de se créer à nouveau. Karen ne se bat jamais, mais elle fait juste ce qu'elle veut.
L'histoire entre Denys et Karen, qui sans vous la spoiler est une histoire entre une femme mariée mais séparée, et un homme solitaire, aventureux aventurier. Un amour choisit et voulu sans contre parties. Un amour sans prise avec le quotidien. Une histoire improbable dans cette société, et pourtant qu'ils vécurent complètement.
Dans ce film Denys est un marqueur de la transformation de la société où il évolue. Peut être car il est sans attache, il est celui qui perçoit les changements futurs. Il est contre le fait de participer à la guerre 14-18, car il ne la comprend pas, et qu'il ne voit pas ce que ça amènera de bon aux pays Africains et ceux qui y habitent. Il est celui qui perçoit différemment ce qui se passe. Il voit que les gens ne viennent plus y vivre pour les mêmes raisons. Et il souligne les prémisses d'un tourisme de consommation.
Où l'on ne vient pas pour aimer un pays ou le visiter, on y vient pour revenir avec des trophées que l'on pourra exhiber une fois de retour chez soi. c'est lui qui introduira l'avion dans le quotidien. Changeant les distances et le temps pour les parcourir.
Karen dans ses correspondances, soulignait la manière dont les anglais se comportaient avec les populations autochtones, les kikuyus. Ici on retrouve cette différence de traitement. Et à l'écran le réalisateur semble créer deux mondes imperméables. Très peu de protagonistes vivent avec eux. Mais jamais à aucun moment, ils sont égaux avec ses personnes les colonisant, et vivant entre elles. Il est à noter que les couples mixtes sont cachés, même auprès de leurs amis.
Ce film est porté par deux acteurs de rêves. Meryl Streep est Karen. Elle a eu du mal à obtenir ce rôle. M ais au final elle lui donne corps. Avec tout son talent et sa nuance. Elle arrive à lui donner son charisme et sa force. Elle est prodigieuse.
Robert Redford est Denys. Il est l'incarnation de l'aventurier, du gentleman, de l'homme respectueux. Son personnage garde une part de secret et il l'incarne à la perfection. Il lui donne un raffinement et une distinction folle. Il est aisé de comprendre les sentiments de Karen.

Ce film est un film comme on n'arrive plus à faire. Car il arrive à faire coexister différents axes autour d'une magnifique histoire d'amour. Il est d'un équilibre assez difficile à décrire

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