1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, ...

La Belle et la Bête [2014]

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1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son coeur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

La Belle et la Bête – 12 Février 2014 – Réalisé par Christopher Gans

Christopher Gans est certainement le cinéaste français « en vie » que je préfère et j’attends chacun de ses films avec une certaine impatience, sauf qu'il faut d'abord s'armer de patience, car en vingt ans de carrière, il n'a fait que 4 films. Le premier segment du film « Necromicon » en 1994, l'adaptation du manga « Crying Freeman » en 1995, le sympathique « Le Pacte des Loups » en 2001, l'adaptation du jeu vidéo « Silent Hill » en 2006 et enfin il y a de cela trois ans une nouvelle adaptation de « La Belle et la Bête ». Bref est ce que cela vaut le coup d'avoir attendu dix ans avant de découvrir le nouveau Gans ? Je ne dirais qu'une chose, il n'a pas changé …

C'est l'histoire d'un marchand déchu et ruiné par le naufrage de ses différents navires. Sans le sou, il doit partir vivre à la campagne avec ses six enfants, ce qui ne fera pas plaisir à tout le monde. Seule « Belle » se plaît à la campagne, ravie d'une vie simple. Hélas cela ne durera pas. Lorsqu'un soir son père, persécuté par des hommes qui cherchent l'un de ses fils, trouve par hasard le domaine majestueux de « la Bête » dans lequel il trouve moult ressources, des belles toilettes, de la nourritures à profusion et des roses d'une beauté indécente. « La Bête » a ses limites et quand le père de Belle en vole une, il le condamne à la servitude ou sa famille sera massacrée. Déboussolé il revient chez lui et raconte ce qu'il s'est passé, alors « Belle » qui se sent coupable, se livre d'elle même à se mystérieux hôte. Croyant que la mort est au bout de ce voyage, elle va découvrir un homme maudit, que la cupidité a mené à sa perte. Une histoire pleine de rebondissements s'engage …

Comme toujours au final, les intentions avec Christopher Gans sont là ! Il ne veut pas copier le classique de Cocteau de 1946 mais lui rendre hommage; il écrit le scénario avec l'écrivaine Sandra Vo Anh en se basant sur le texte original de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve tout en apportant une dose de Hayao Miyazaki. Bref des promesses en pagailles qui ne sont presque jamais tenues, malgré l'ambition manifeste de Gans qui dénote au milieu d'un paysage cinématographique français bien convenu.

Première faiblesse et c'est une constante, il s'agit du scénario ! Si il sort un peu de la trame classique popularisée par Disney, on est jamais étonné parce qui se passe à l'écran, c'est prévisible et sans surprise. Les 2/3 flashbacks qui présentent la vie de la « Bête » arrivent à chaque fois en mode random et cela casse le rythme du film qui met toujours quelques minutes à récupérer le fil de ses idées. Ce n'est pas naturel et la symbolique est tellement lourde que ça nous sort du film plus qu'autre chose, tout comme les notes d'humours insupportables portées par les deux sœurs de « Belle ». Cependant le climax de fin est assez spectaculaire bien qu'imparfait dans la forme.

Deuxième point qui déconne c'est la direction d'acteurs. Même si je ne suis pas fan de Vincent Cassel et de Lea Seydoux tous les deux s'en sortent bien; ce qui n'est pas le cas du reste du casting ! André Dussollier qui joue le père semble constamment perdu, Audrey Lamy et Sara Giraudeau en sœur hystérique donne envie de vous crever les tympans; Jonathan Demurger, Nicolas Gob et Louka Meliava n'existent littéralement pas à l'écran et pour finir Eduardo Noriega campe un méchant absolument risible qui surjoue constamment et qui est honteusement doublé !!!

Et la dernière chose qui m'agace, c'est le chara-design de la « Bête » ! Alors oui la « Bête » de Gans ne ressemble par aux précédentes incarnations animées ou non, mais elle a deux défauts majeurs. D'une, elle n'a rien de monstrueuse ! Si on parle d'une « bête », il faut qu'elle soit une « bête » et qu'elle est cet aspect effrayant que l'on est en droit d'attendre, la c'est gênant car on dirait juste un gros « Chat ». Soit c'est impressionnant un gros « Chat » d'un mètre quatre-vingt, mais ça reste un chat. Et de deux, c'est la création en numérique du visage de la bête qui à mon grand regret ne sonne pas vrai, on sent en un clin d’œil que c'est artificiel et surtout cela rend Vincent Cassel totalement inexpressif, ce qui est fort dommage car ça limite le jeu de l'acteur.

Bref tous ces défauts sont rédhibitoire et je ne le vous cache pas, font mal quand on apprécie globalement ce que Gans à pu faire jusque la. C'est hélas trop approximatif, maladroit, voire un poil facile pour le considérer comme un film correct.

Toutefois, je ne peux que vous le conseiller ! Pour une simple et bonne raison, c'est que vous ne voyez ça nulle part dans l'industrie française (hormis Besson), un mélange de fantastique, d'action et d'aventure le tout saupoudré de paysages féeriques et d'un soupçon de poésie, avec un troisième acte inattendu à coup de géant de pierre. Une générosité sans bornes, avec cette envie de donner un grand spectacle populaire qui ne soit ni un drame, ni une comédie.

Mais une fois de plus Gans nous laisse avec des regrets que de folles espérances avaient nourri …


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