Mr Nobody réalisé par Jaco Van Dormael Il y a des films sur lesquels on ne devrait pas parler. On devrait créer un mot pour dire qu’...

[The Jared Leto Show ] Mr. Nobody

00:00:00 Cecile 0 Comments




Mr Nobody réalisé par Jaco Van Dormael
Il y a des films sur lesquels on ne devrait pas parler. On devrait créer un mot pour dire qu’il n’y a pas de mots pour qualifier ce que l’on ressent devant eux, et que c’est l’une des plus jolies claques cinématographique que l’on est reçu. Ce film est inqualifiable. Si je devais jouer au portrait chinois je vous dirai que si c'était une oeuvre d’art ce serait un collage d’une infinie beauté, avec des papiers et des couleurs différentes aux nuances bleutées; le rendu serait doux fort et réconfortant. Je ne pense pas que l'on puisse être mitigé en regardant Mr Nobody. Soit vous serez embarqué des le début, soit vous ne le serez pas. Et si jamais vous deviez ne pas l'être, n’insistez pas

D’habitude je commence en racontant le début du film, mais ici tout est si intimement lié que j’aurai peur de galvauder le mystère. Je pourrais vous dire, qu'en février 2092 le dernier mortel, l’homme le plus vieux du monde, 117 ans; cherche à se souvenir de sa vie. Mais ça ne serait pas juste non plus. Je ne vous dirai donc pas grand chose, sauf qu’aucun résumé ne pourra pas être juste et ne sera pas à la mesure du film. Tout gravite autour de Nemo Nobody, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom Nemo est monsieur tout le monde. Un enfant des années 70’s qui a eu droit à une coupe au bol et a des habits aux couleurs et aux imprimés improbables. Il est nous tous. mais plus encore il est représentatif d’un enfant lambda, ses yeux magnifiques en prime. Toute sa vie, va être jalonnée de choix. L’un des premiers sera le plus dur qu’un enfant puisse avoir à faire. A partir de ce moment, l'histoire va s'articuler autour de toutes les décisions qu'aura à prendre Nemo.


Cette oeuvre porte l’idée qu’il n’y a pas de mauvaise décision, tant qu’il y a une décision assumée. Pour le réalisateur si on n'agit différemment, on se laisse enliser par la vie que l’on peut pied.

Pour étayer ce postulats Jaco Van Dormael joue avec tout ce qui entoure Nemo. Sa famille prend un rôle très importants. Ses parents sont décrits comme incapables de se positionner. Son père, présentateur de la météo, ne peut rien prévoir. Il voudrait, mais il n’y arrive pas. Quant à sa mère, elle est tellement centrée sur elle, et sur ce qu’elle vit qu’elle ne prend en compte aucun autre paramètre et surtout pas son fils. Le couple dans ce film, est soit une catastrophe, soit un aboutissement. Le choix est manichéen, soit les gens s’aiment, choisissent de vivre cet amour et le vivent pleinement. Par contre si à un moment de ce processus, l’un des protagonistes est lâche ou ne joue pas le jeu, il n’y a que des solutions malheureuses. Car pour le réalisateur et le héros la vie doit être un terrain de jeu. C'est la seule manière de vivre pleinement. 

En effet une question émaille discrètement le film “est-ce que c’est parce que l’on est en vie que l’on est vivant ? (vous avez 4h). Je rigole, mais c'est quand même ça ce film. Un film qui vous secoue et vous questionne sur la vie et les apparences. Ce n’est pas un film facile, mais il vous galvanise lorqsu’il faut prendre des décisions. Nemo dans ce film est rassurant, sa présence et sa force sont inspirantes. Le script est aussi parsemé de phrases fortes que vous avez envie de les garder un petit peu pour vous réchauffer les jours où vous aurez froid à l’intérieur.



Cependant c'est aussi un film qui fait mal. Il est impossible de ne pas être compatissant avec ce que ressent Nemo. Mais le réalisateur est un très bon réalisateur, et il arrive à transformer son oeuvre en poème initiatique. Grâce à la beauté des images. Dans un premier temps en créant des identités fortes à chaque périodes de la vie de Nemo. C'est parfois des graphismes très originaux, et très forts, ainsi que des couleurs dominantes caractérisant une époque où un personnage par exemple le rouge pour Ana.

Il a aussi une manière incroyable de filmer l’amour; la couleur des peaux; toujours en gros plan, la caméra est toujours là, mais jamais indécente ou malsaine. On voit le frisson de l’émoi. Les lèvres de la personne aimée. On ressent presque les papillons dans leurs ventres .C’est d’une sensibilité et d’une finesse bouleversante.

De plus comme on se balade beaucoup dans la vie de Nemo, Jaco van Dormael créé une trame forte pour que cette histoire soit cohérente. Il y a des lieux et des objets comme des totems que l’on voit tout le long du film, tel des repères. Ce sont les gares,les trains les feuilles, l’eau, la famille, mars, la science, la sensation de déjà vu….ils sont toujours dans le récit. On n’est jamais perdu.

Car la force de cette histoire sont ses personnages… Ana, est interprétée par la magnifique Diane Krueger, il est aisément compréhensible que l’on puisse se damner pour elle. Et puis il y à Nemo joué par plusieurs acteurs. Le tout petit, une bouille à bisous, qui joue avec justesse. Le Nemo adolescent, on veut juste l'aider. Il arrive à créer cette sympathie qui ne nous quittera plus. La version adulte et personne âgée est interprétée par jared leto. Le personnage de Nemo âgé est un des personnages les plus adorables que j’ai vu. Les maquillages sont géniaux et l’acteur est excellent. Le plaisir qu’il a pris à jouer ce personnage sage et cabotin transparaît. Puis il y a le Nemo adulte, qui passe par toutes les coiffures, cicatrices… en arrivant toujours à garder l’identité et la simplicité de son personnage. Un festival de Jared Leto.

Tout le monde n’aimera pas ce film. Moi je l’aime, énormément, sûrement car Nemo, me ressemble beaucoup. Car il me fait du bien. Mais surtout car ce film me fait renouer avec ce que j’aime dans la poésie. A la fin, j’ai toujours l’impression de me sentir meilleure et plus forte.






0 commentaires:

Rechercher dans ce blog