Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.
The Grand Budapest Hotel/ Wes Anderson/ 26 Février 2014
Wes Anderson est un réalisateur que je découvre, petit a petit, pas a pas, depuis son petit dernier il y a deux ans, avec le poétique « Moonrise Kingdom » qui avait éclaire une année ciné 2012 qui ne m'avait pas transcendé. Bref ce film fut un vrai coup de cœur, ce qui entraina vite mon envie de voir son dernier film, le pétillant « The Grand Budapest Hotel », en espérant tout simplement, me sentir transporté comme pour ce conte qu'était Moonrise Kingdom.
Un jeune écrivain, se retrouve dans un hôtel miteux, enfin en apparence, car si les murs sont défraîchis, que la peinture s'écaille et que les occupants sont aussi nombreux qu'un 14 Juillet a Bordeaux, cet hôtel a un lustre passé. En s'adressant au concierge, il apprend aisément qui est le propriétaire, une personne simple, discrète mais profondément attaché a ce lieu plein d'histoire. Cet ainsi qu'autour d'un bon repas, le propriétaire va lui raconter son histoire. C'est bien des années avant, du temps de sa splendeur, que le propriétaire, le nouveau Lobby Boy a l'époque, raconte l'histoire de Mr Gustave, l'émérite concierge du rutilant « Grand Budapest Hôtel». Un homme heureux, un homme comblé qui vit de son travail pour son travail, tout en enseignant au nouveau lobby boy « Zero » les rudiments de son métier. Avec le temps, Mr Gustave, s'est fait bon nombre d'amis, ce qui est un avantage, ou pas, surtout quand la personne en question est riche, quelle a une grande famille et quel vous fait seul héritier d'une fortune colossale . Et que l''on vous accuse d’assassinat … C'est avec une certaine élégance qu'il va tout faire pour redevenir fréquentable.
C'est au final une comédie qui m'a déçu, l'univers de Wes Anderson ne m'a pas touché cette fois ci, ce qui n'en fait pas un mauvais film pour autant. L'histoire, écrite par Anderson lui même, est vraiment sympathique, une histoire faite de transmission, d'amour et de périlleux rebondissement, le plus étant la place accordée a la montée de la guerre, éclipser par de l'humour mais bel et bien la, aussi cruelle que dangereuse. Sauf qu'elle est parfois « too much » dans ses effets, les gags sont par moment inutiles ou trop long, je ne parle même pas du début qui démarre aussi vite qu'une vieille mobylette asthmatique. Mais au milieu de ce récit parfois trop évident, il existe un univers factice coloré, vif et chatoyant, plein de charme, de mystère, ou se côtoie plein de personnages.
C'est la que se situe la grande force du film de Wes Anderson, il crée une galerie de personnages comme lui seul c'est faire, du plus petit rôle aux têtes d'affiches, ils sont tous uniques. Un plaisir indéniable qui fait partie intégrale de l'histoire, chacun pourra a son gré s'identifier a un taulard intelligent, une pâtissière de génie, un militaire, un avocat, une vieille héritière, un homme de main sadique ou encore a un concierge un brin zélé, bref une flopée de caractère fort, au service d'un monde en proie au chaos.
Et pour incarner tant de personnages, il faut que l'équipe en envoie, ce qui est une fois de plus le cas …. Gustave, cet homme plein de raffinement est campé par l'élégant Ralph Fiennes, pour un résultat plein de générosité, de goût et surtout d’exubérance, le « lobby boy » Tony Revolori m'a beaucoup touché, un air détaché, parfois étourdis, son personnage s'épaissit au fur et a mesure que la tache grandi et son alter égo adulte F. Murray Abraham, imprime toute la mélancolie qu'il possède et que l’hôtel transmet, Jeff Goldblum absolument méconnaissable en exécuteur testamentaire, Willem Dafoe interprète le méchant dans toute sa splendeur, silencieux et sadique, le prisonnier Harvey Keitel, chauve mais malin, Adrien Brody l'impitoyable héritier lésé, Edward Norton le militaire sympa quant a Saoirse Ronan, elle est le soupçon de douceur, de grâce et de poésie que le film n'a pas ...
Il ne finira pas comme coup de cœur de l'année cette fois-ci ...



