Parenthood

by - novembre 18, 2017


PARENTHOOD
de Ron Howard

Un film avec Steve Martin qui parle de famille, clairement ça m'a fait peur sur le papier. Mais je me suis dite qu'il fallait donner sa chance au produit. Surtout car le maître des clés avait galéré pour le trouver la quette dans les solderies a été rude, puis parce qu'un film avec Keanu Reeves ça fait toujours plaisir. Quand j'ai vu le titre français «portrait caché d'une famille modèle» ça a provoqué une petite rechute. Mais,n'écoutant que notre courage on s'est mis devant et nous ne l'avons pas regretté.

Au lieu de vous parler du film, raconter son début ou le pitcher. Je vais vous faire un arbre généalogique dans les années 50 un couple décide de fonder une famille. Naîtrons successivement, une fille Helen, un garçon mal aimé Gil, Julie, puis Larry le dernier hyper protégé. A la fin des années 80. ils ont tous les quatre des enfants. Chacun fait face à son quotidien et à ses problèmes parentaux. C'est ainsi qu’après un divorce, un le père a décide d'oublier sa première famille, et que son jeune fils doit faire face à cet abandon; qu'une jeune fille veuille vivre son amour pleinement, que des enfants surprotégés aient du mal à s'adapter, qu'une poupée de quatre cinq ans soit entraînée par son père pour être le prochain petit génie du XXIe, et qu'un enfant pas désiré soit délaissé. Tout ceci dresse un tableau assez complet d'une société et de son rapport à la parentalité.

Ce film est une comédie, et une bonne. L'humour est avant tout situationnel. Jamais méchant, surtout provoqué par un décalage entre les réactions des enfants et les choix éducatifs des parents. C'est bien veillant. Le plus touchant étant Gil, qui pour améliorer l'estime de son fils, se met à entraîner son équipe de base ball, se transforme en cow boy et fait des cascades improbables. Ces moments sont drôles mais ne se départissent d'émotion. Car cet amour inconditionnel semblent pouvoir bouger des montagnes.
Le scénario est malin, il sait partir dans tous les sens, sans pour autant nous perdre ou oublier son fil conducteur. Nous suivons quatre cellules familiales, en fonction de nos sensibilités nous serons plus touchés par l'une ou par l'autre. Il y a une famille de trois enfants, un homme qui découvre qu'il a un enfant et qui le dépose chez ses parents, un couple avec un enfant auquel le mari se consacre en oubliant son épouse, et une femme qui élève seule un jeune ado qui se renferme chaque jour un peu plus et sa grande sœur sur le point d'entrer en fac et qui vit une histoire d'amour passionnelle avec un jeune homme qui a eu une enfance malmenée.

C'est ce dernier groupe qui nous a le plus touché. Helen qui est interprétée par Dianne Wiest, inspire la sympathie et bien qu'épuisée elle ne lâche rien. Elle est à la fois rayonnante, réconfortante. Julie est sa fille aînée, très rapidement va faire entrer dans son clan Tod l'homme qu'elle aime. C'est cette arrivée qui fera bouger les choses pour sa mère, et Gary son petit frère.
Julie est interprétée par Martha Plimpton. Elle oscille avec aisance entre colère et amour. Elle respire la force et l'assurance. Gary est le petit frère , il prend les traits du tout jeune Joaquin Phoenix. Il est extrêmement touchant avec sa bouille fermée et son regard fixant le sol. Puis éclatant de jeunesse, de fougue, et de bétises lorsqu'il commence à interagir avec son beau frère, Tod. Tod est joué par Keanu Reeves, personnage hyper attachant dans sa relation avec chacun des membres de sa famille et dans ce qu'il dit de son passé. Le tout est caché derrière une apparence de sombre idiot qui vole vite en éclat.


Si j'avais des bémols ils porteraient sur le scénario. Alors que ce film est chorale souhaitant montrer les différentes manières d’être parent ainsi que les concession qui vont de paire avec ça. La famille que l'on suit est très blanche, à l'exception d'un des enfants qui a un contexte de vie très différent des autres petitoux du film. Et ce que l'on dit de sa maman est dévalorisant.
Quant à la vision de la contraception elle est symbolisée avec une scène autour d'un diaphragme, gênante que ce soit pour ce que cela dit de la femme, et de son « désir » d'enfant, et de l'homme et ça volonté de contrôle.
idem au moment ou le scénario aborde l'avortement. la femme y tient toujours la même place. Ce qui permet finalement au couple de prendre une décision est dans un premier une analogie sur les manèges du plus ridicule, puis une situation parfaite pour une comédie mais qui ne peut pas être éclairante pendant un tel dilemme.

Au casting, il y a en plus des acteurs dont je vous ai déjà parlé. Steve Martin, clown sensible jusqu'au bout des ongles. Mary Steenburgen lui donne la réplique et équilibre ce couple virtuel. Rick Moranis est exquis dans le rôle de père qui pousse sa fille.
Puis il y a une armada de bouchons, tous plus attachants.

J'ai aimé ce film, qui est un instantané de la fin des années 80, ça ne correspond finalement que peu à ce que l'on vit aujourd'hui. Mais c'est drôle et les personnages sont vraiment attachants. C'est un moment sympathique !



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