Point Break

by - août 24, 2017



POINT BREAK
de Kathryn Bigelow

Je suis née dans une petite ville les pieds dans l'eau. Elle s'est fait un nom grâce au surf. Pendant mon enfance, j'ai beaucoup bougé mais on a fini par y revenir et j'ai eu «la joie» de partager mon adolescence avec des surfers. Si en général je n'en garde pas un bon souvenir, j'ai quand même eu la chance de rencontrer des adultes habités par leur passion qui était devenue un mode de vie. C'est donc riche de ça et des quelques années que j'ai vécu loin des vagues que j'ai décidé de revoir Point Break.

Johnny Utah est un jeune agent du FBI. Pour son premier poste, ce premier de la classe, choisit Los Angeles et son taux de criminalité vertigineux. A peine est-il arrivé qu'on lui attribue comme coéquipier, un vieux grigou à chemise hawaïenne, isolé au bureau et qui a une théorie singulière sur les braqueurs qui pillent la ville: ce sont des surfeurs. Des surfeurs qui poursuivent le « endless summer» et qui donc seront parti dans quinze jours et ne reviendront dans dix mois.
Ce film est un thriller qui réussi à allier un coupable aisément devinable avec un déroulé étonnant. Il nous fait sortir gaiement de notre quotidien.
Alors que la réalisatrice décide de le faire débuter et de le terminer sous la pluie battante; tout le reste de l'histoire se passe sous un soleil de plomb à affronter les vagues. En tant que spectateur vous avez l'impression d'avoir du sable sous les pieds et de sentir le monoi, tout en tremblant pour les personnages. L'image est solaire et nous ramène aux vacances. L'initiation au surf sur le sable est drôle et avouons le nous avons tous essayé de nous relever comme cela. 
Si les scènes se passent majoritairement à la plage, la réalisatrice ne se répète jamais. Elles sont tantôt de nuit, tantôt de jour, et jamais un de ces moments de surf si magnifiquement filmé n'est gratuit ou là uniquement pour son esthétisme. Ils amènent toujours quelque chose à l'histoire. J'avoue avoir été fascinée par la session de nuit. Et le scénario arrive même à amener le surf au bureau du fbi,en faisant entrer Johnny dans une tenue qui détonne avec une planche sous le bras qu'il tape partout. Comme s'il cherchait à aérer le cadre.
Du coup la lumière prend toute son importance. Elle est majoritairement naturelle est l'histoire est ensoleillée. Mais quand l'action se passe en intérieur ou de nuit, n'y a pas de transition l'image devient sombre et parfois on ne perçoit que les ombres. Ici c'est blanc ou noir; il n'y a aucune nuance.
Cette histoire porte sur des personnes dont on n'avait peu entendu parler en 1991. Ses hommes dopés à l'adrénaline, ont des profils nouveaux. Ils permettent entre autre, des moments magiques comme les scènes de chute libre. Je ne sais toujours pas comment il y a vingt six ans on a pu filmer ces passages avec tant de détails et une telle qualité. Ils fournissent également des ressorts à l'histoire complètement inattendus et en plus sont porteurs d'une philosophie qui leur est propre. 
Il y a une notion de clanique qui dans d'autre films sera déclinée sous forme de famille. Et là ou elle s'englue et se perd dans les sagas telles que fast and furious, prenant une forme patriarcale qui a ses limites. Ici elle est soutenue par une philosophie ou plutôt un état d'esprit commun. Ils ont des buts différents, des objectifs qui leurs sont propres. Mais ils vont dans le même sens. ça donne une légèreté à leurs personnages. C'est agréable à suivre. C'est parfois galvanisant. Puis sans être un film dit à message, il est bon de souligner le coté contestataire, voire en marge de l'histoire. Il y a l'évolution du personnage principal, la vie des surfeurs celle du groupuscule néo nazi comprise, ou le choix des masques des braqueurs, et leur avis sur les présidents. Jusqu'à ce qu'ils font faire à Utah, jamais dans les clous, ou dans une espèce de réalité.
Ce film doit aussi beaucoup à un scénario qui invente des personnages solides et a une distribution qui l'est toute autant.
Keanu Reeves interprète Johnny Utah. Il arrive parfaitement à incarner le premier de la classe,qui sent le propre, et qui est agaçant au début du film. Il fait évoluer son personnage, il est tout autant crédible en homme capable de dynamiter sa vie pour une autre. Il finit comme un adepte du surf , détaché mais quand même ouvert sur le monde avec un sens de l'abnégation. 
Il est finalement à l'opposé de Bodhi a qui Patrick Swayze donne ses traits. Personnage meneur et porteur de la philosophie du groupe. Il a une relation particulière à ce qui l'entoure et à la mer. Mais finalement il se perd, et ne suivant plus ses règles et il perd aussi ce en quoi il croit, tout ça pour atteindre un but ultime.
Les deux acteurs ont des charismes complémentaires. Et ils ne semblent jamais entrer en compétition, ou tenter de tirer la couverture à eux. Leurs scènes communes transpirent la générosité.
Lori Petty interprète La femme. Celle qui est le lien entre nos deux personnages. Elle est dégourdie, surfe comme une déesse, et est capable de tirer à cinq centimètres de votre tète sans ciller. Je l'aime d'amour. Son jeu est physique quasi animale.
La relation qu'elle noue avec Johnny est essentielle à l'histoire elle lui permet de faire voler en éclat l'armure de chevalier blanc de l'agent. Elle est le vecteur par lequel il devient meilleur.


« Avez-vous déjà tiré en l'air en faisant ahahahahahahahah ? » . cette phrase de Hot Fuzz est un des marqueurs de l'impact assez improbable qu'a eu ce film sur le cinéma d'aujourd'hui. Film culte porteur d'un vent de liberté, il peut passer pour dater mais il est tout le contraire. Moderne dans son écriture, sa manière de filmer...

Ce film est un film comme on en fait plus. On essaie , mais ça se plante. Il est bon, efficace, c'est un agréable moment cinematographique

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