Kyoto, au XIe siècle. Sous le portique d'un vieux temple en ruines, Rashômon, trois hommes s'abritent de la pluie. Les guerres e...

Rashomon

08:30:00 Inglourious Cinéma 4 Comments


Kyoto, au XIe siècle. Sous le portique d'un vieux temple en ruines, Rashômon, trois hommes s'abritent de la pluie. Les guerres et les famines font rage. Pourtant un jeune moine et un vieux bûcheron sont plus terrifiés encore par le procès auquel ils viennent d'assister. Ils sont si troublés qu'ils vont obliger le troisième voyageur à écouter le récit de ce procès : celui d'un célèbre bandit accusé d'avoir violé une jeune femme et tué son mari, un samouraï. Le drame a eu lieu dans la forêt à l'orée de laquelle est situé le portique de Rashômon. L'histoire est simple : Qui a tué le mari ? Le bandit Tajomaru, la femme, un bûcheron qui passait ou le mari lui-même qui se serait suicidé ? Autant d'hypothèses vraisemblables. Mais les dépositions des témoins devant le tribunal apportent à chaque fois une version différente du drame, et la vérité ne percera qu'après de nouvelles révélations surprenantes...

Rashomon – Akira Kurosawa – 18 Avril 1952

Le jour ou j'ai commencé a bloguer, j'ai écrit de courts avis, sans queue ni tête, sur tous ce qui passait, avec plus ou moins de rigueur et de réussite. J'ai fait connaissance avec d'autres blogueurs, j'ai échangé avec eux et par cet entre fait, j'ai découvert d'autre réalisateurs. Ma cinéphilie c'est alors enrichie petit a petit . l'un de ceux qu'on me disait de découvrir, était l'illustre Akira Kurosawa, un nom qui veut dire beaucoup a tout amateur de cinéma. Je le connaissais de nom tout en étant persuadé de n'avoir jamais rien vu, mais j'avais de vagues souvenirs de « Ran ». Un souvenir bien lointain que je rafraîchirai avec le DVD que j'ai en ma possession. Tout cela pour en venir au film donc je vais parler, découvert sur le service de VOD de Canal qui programme plusieurs Kurosawa, je parlerai de « Rashomon » pour commencer ; plus tard de « La Légende du Grand Judo » et de sa suite « La Legende du Grand Judo » !

C'est le 25 Août 1950 que le Japon à la chance de voir sur ses écrans le nouveau film de Akira Kurosawa, Ecrit par Kurosawa en personne et Shinobu Hashimoto, ils s'inspirent de la nouvelle de l'auteur Ryunosuke Akutagawa pour livrer un scénario brillant, alternant narration non-linéaire et multiplicité des points de vues. Un homme brave les intempéries et se réfugie sous la porte gigantesque « Rashomon », un lieu en ruine, ouvert au vent et a l'eau qui s'engouffre dans le moindre espace. Il y trouve deux autres personnes qui attendent ellea aussi une accalmie, mais il sent comme un malaise … En effet l'un deux, un bucheron à témoigné dans un procès pour meurtre, car il a trouvé la victime, mais ce qui le bouleverse encore plus profondément, c'est qu'il ne sait pas qui est le coupable ! Car chaque personne amenée a la barre dont le suspect, ne donne la même version. Une problématique qui le travaille, car qui croire ? Lui ? Les autres ? ….

Une intrigue qui dite comme ça ne défrisera la moustache de personne ! Mais Akira Kurosawa l’amène hors des sentiers battus, la remodèle, la magnifie pour la rendre originale. Première chose, il y a cette narration non-linéaire qui surprend, qui pause des interrogations et qui établit les enjeux, on passe ainsi du présent, lourd en non dit, souligné par cette pluie incessante, véritable chape de plomb sur la conscience des personnages qui peine dans cet endroit dévasté a remettre leurs idées en place, puis au moment du procès, par des divers flashbacks, beaucoup plus lumineux, clair, avec cette volonté de nous dire la vérité ! Ensuite les divers points de vues sont très bien pensés, car chacun a sa version, mais la personnalité de chacun joue, ils enjolivent, détournent les questions, masquent la réalité, bref petit à petit le rapport entre vérité et mensonge n'est plus car on ne sais plus qui croire, le trouble qu’amène ainsi le réalisateur est très bien trouvé, puisqu'il nous force à prendre du recul sur ce que l'on sait, ce que l'on voit et ce que l'on entends...

C'est ainsi que le film fini [SPOILER] car il ne conclue pas l'intrigue du meurtre, ce qui est un poil frustrant, mais la réflexion finale porté par ce script sans faille de Kurosawa est imparable « A t-on encore confiance en l'autre ? » ! Une idée, un leitmotiv qui pointe les défauts de l'homme et de sa propension à ce voir trop beau ! [End Of SPOILER] Hormis un scénario béton, la réalisation de Akira Kurosawa est parfaite, un plaisir pour les yeux de chaque instant, tout y est magnifique et l'utilisation judicieuse de chaque décor ce fait sentir dans tout les plans, notamment en foret ou les repères si futiles qui soit, change pour une personne non habitués, ce qui fait que d'un témoignage à l'autre on la redécouvre; ajoutons à ça une direction de la photo sublime, ainsi qu'une bande son de qualité ! Tandis que le casting fait son boulot de la meilleure des manières, avec panache et conviction. On trouve un récurrent de chez Kurosawa, l'excellent Toshiro Mifune très cintré en bandit de grand chemin, il y a Masayuki Mori en samourai ou encore Takashi Shimura, Machiko Kyo, Daisuke Kato et Noriko Honma.


Est ce vrai ? Est ce que l'on nous manipule ? Peut importe, seul la réflexion et le mystère compte sur ce Kurosawa aussi brillant dans le fond que dans la forme.



4 commentaires:

  1. Rashomon est l'exemple typique de ce que n'est pas un film comme Angles d'attaques: le film a beau multiplier les points de vue il n'est jamais lassant et c'est toujours très intéressant. Ensuite le spectateur est floué par les différents points de vue, ne savant pas vraiment si tout est bien vrai. Superbe!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est aussi qu'il ne se contente pas de les répéter ! Chaque point de vue est différent, dans l'approche, dans l'ambiance, dans ce qu'il montre, rien n'est jamais plat et ça nourrit a merveille le récit !

      Supprimer
  2. Martin Ritt en a fait un remake western paraît-il dispensable, "the outrage" (je serais tout de même curieux de voir ça, d'abord parce que j'adore ce qu'ont fait Sturges des "sept samouraïs" et Leone de "Yojimbo", et puis surtout parce que j'aime beaucoup les films de Martin Ritt). Reste que l'effet Rashomon a depuis fait florès au cinéma : de "jackie Brown" à "Simon Werner a disparu" en passant par tout récemment la comédie musicale des "Jersey Boys".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne le connais pas celui la, mais je le note ...
      Après c'est sur que " l'effet rashomon" a fait école avec plus ou moins de réussite et de succes ! "Basic" de McTiernan s'en rapproche aussi ...

      Supprimer

Rechercher dans ce blog